La foule des spectateurs du Puy-du-Fou - Image du reportage TV de France2.
La foule des spectateurs du Puy-du-Fou - Image du reportage TV de France2.

Les images ont fait bondir les réseaux sociaux : 12.000 personnes ont assisté, vendredi soir, au spectacle du Puy du Fou, serrés comme des sardines dans un espace pouvant contenir 14.000 personnes. Autant dire que pour la distance physique, on repassera. Un chiffre hallucinant quand on se rappelle que la jauge pour les matchs de foot est de 5000 personnes (ambiance lugubre garantie comme vendredi soir au stade de France pour la finale de la coupe de France PSG /ASSE), que les plus grands festivals de l’été ont été annulés, qu’il s’agisse des Vieilles Charrues à Carhaix ou du Festival d’Avignon, des événements tout aussi essentiels à la vie économique de leur région que le Puy du Fou l’est pour la Vendée.

Et chacun de dénoncer le fait du prince, en l’occurrence Emmanuel Macron, qui entretient les meilleurs rapports avec Philippe de Villiers. On sait que l’ancien président du conseil général de Vendée est intervenu directement auprès du chef de l’état pour pouvoir rouvrir le 11 juin, un mois avant Disneyland.

Alors, pourquoi un tel traitement de faveur ? Pas simplement pour la sympathie réelle entre le très droitier souverainiste De Villiers, fondateur du Parc, et le Président de la République.

Les raisons sont plus profondes. Le Puy du Fou, c’est la France de la classe moyenne, des gilets jaunes, cette France qu’Emmanuel Macron a décidé de reconquérir, si tant est qu’elle ait un jour voté pour lui. Chaque année, ce sont deux millions de français qui se pressent sur ces terres vendéennes, pour assister à un spectacle de très grande qualité, un spectacle populaire, historique, qui magnifie l’Histoire de France. Permettre au Puy du Fou de rouvrir avant les autres et faire savoir qu’on l’a autorisé, c’est tenter de séduire à nouveau cet électorat qui n’a pas spécialement voté pour lui en 2017 et ne semble pas pressé de le faire un 2022. Le « passe-droit » accordé au Puy du Fou fait partie de cette panoplie que soigne Emmanuel Macron : Zemmour, Bigard, et pourquoi pas bientôt Onfray, ces grands vendeurs de livres, ces figures aussi populaires que réactionnaires qui rentrent dans le logiciel politique de segmentation du Chef de l’État. À chaque segment électoral le soin qui lui convient. Et tant pis si les gradins sont bondés de manière déraisonnable en ces temps de reprise de l’épidémie en France.

Mais, à lire les réactions courroucées des fous de foot, des passionnés de musique et de théâtre, à lire les questionnements légitimes sur l’incohérence totale du message gouvernemental, il est fort possible qu’un petit tour de vis s’opère dans les jours à venir.

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