Dans les rues du centre d'Annecy en Haute-Savoie, le port du masque est obligatoire depuis le mardi 4 Août 2020 - Photo ©️ RazakParis / NosLendemains
Dans les rues du centre d'Annecy en Haute-Savoie, le port du masque est obligatoire depuis le mardi 4 Août 2020 - Photo ©️ RazakParis / NosLendemains

C’est une phrase bateau, dégainée des que l’on s’interroge sur les raisons de cette hausse spectaculaire, vertigineuse même, du nombre de contaminations en France en 24h : « les Français, dans leur grande majorité, respectent les règles ». Et bien non ! Ça n’est pas exact. On pourrait multiplier les exemples de soirées au restaurant, cet été, en Septembre, et même ce week-end ou les serveurs portent mal leurs masques, où les clients se rapprochent pour se parler, où les distances de sécurité avec les tables ne sont pas respectées. Ça dure depuis des mois et vous passez invariablement pour la pénible de service si vous osez une réflexion.

Certes, les jeunes sont moins disciplinés, mais les « vieux » ne sont pas en reste !
Et que dire des réunions familiales où tout le monde s’en fiche royalement et oublie, la porte fermée, les consignes à commencer par le rituel lavage de mains ! Souvenez-vous … Pendant le confinement, nous nous déchaussions à l’entrée, nous laissions les courses dans le sas de décompression du couloir, nous maintenions une vigilance totale pour ne pas toucher les portes d’ascenseurs et nous nettoyions même nos écrans de téléphone et nos clés. Il ne s’agit pas évidemment de repartir dans ces moindres détails mais notre relâchement général est en partie responsable de cette aggravation.

Et nous ne sommes pas seuls en cause. Le discours politique a flotté, s’est alambiqué dans des contorsions sémantiques et des décisions à géométrie variable qui ont ajouté à notre envie légitime de lâcher la bride. Le vent d’optimisme a balayé les plateaux aussi vite que la lumière. En 24h, nous sommes passés au drame terrible, sidérant, à la liberté retrouvée avec un leitmotiv « Il faut bien que les Français vivent » … Et consomment au passage.

Bien sûr que le message d’espoir était nécessaire mais il manquait la petite dose austère, sévère, de la mise en garde sur la suite. Il a fallu attendre 2 mois, le 19 juillet, pour rendre les masques obligatoires dans l’ensemble des lieux clos !  Ne parlons pas de la campagne massive de tests qui a tourné à la bouffonnerie, alors que les Français ont boudé, dans le même temps, l’application Stop Covid.

Il a manqué la dramaturgie alors que le pays sortait d’un épisode dramatique quelques jours plus tôt. C’est comme si nous avions effacé, avec une ardoise magique, 30.000 morts alors que les italiens, par exemple, ont tellement été traumatisés par cette première vague, reçue de plein fouet, qu’ils n’ont pas oublié aussi vite le drame qui les a frappés en premier, avec une telle violence, les obligeant à être les premiers en Europe, à confiner une région entière, la Lombardie.

Nous avons eu la mémoire courte, collectivement, et les pas de deux du gouvernement, l’attitude souple d’Emmanuel Macron, sous pression également de tout le secteur économique, sportif et culturel, n’ont pas produit l’équilibre entre la nécessaire reprise de la vie et la nécessaire vigilance. A l’époque, les médecins et les commentateurs qui alertaient, étaient ramenés au rang de marchands de malheur. Aujourd’hui, ils ont tort d’avoir eu raison trop tôt. Le manque d’anticipation sur les lits de réanimation, les tests et même sur l’hiver qui arrive, relèvent d’une autre question qui n’a rien à voir avec le nombre de contaminations, à part les tests bien sûr. Pour ce qui est de l’épidémie qui galope, la cause est en nous, relève aussi certainement de notre individualisme forcené qui n’a pas vu dans le non-respect des consignes, la protection de l’autre.

Tel était notre bon plaisir. Il est temps de changer profondément.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Ma chére Françoise, ce n’est pas à vous que je vais apprendre que l’Italie a recruter massivement des enseignants pour dédoubler les classes alors que Macron a refuser. Les élèves continuent à s’entasser à 35 dans les classes et les amphis sont bondés.
    L’Italie a recruté massivement des soignants alors que Macron continue à supprimer des lits.
    8 milliards donnés au Grenelle, 4 milliards repris dans le prochain budget.
    Effectivement tout le monde doit prendre sa part dans la lutte contre le Covid pour soi, les autres et pour épargner nos soignants au bord du burn out mais lorsque le 1er de cordée donne à voir une incompétence qui fera date dans la 5eme République, on ne peut s’étonner que le reste de la cordée soit déboussolée.
    Dans le spectacle lamentable que donne le gouvernement, je trouve les français finalement bien disciplinés.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.