Christiane Taubira, le 18 janvier sur France Inter - Capture vidéo France Inter.

À gauche, même lilliputienne, on sait se montrer. Aux quatre coins de la France, à la veille d’une présidentielle, dont elle sortira essorée, on la retrouve éparpillée façon puzzle. Mélenchon, Jadot et Hidalgo, correctionnent, dynamitent, dispersent et ventilent, et tout ce petit monde bat des records de faiblesses sondagières. Comme un goût de 1969, une année loin d’être héroïque ni érotique pour la gauche ! Juste un agrégat inconstitué de potentiels alliés désunis.

Et depuis ce week-end, une autre candidate s’est mise à y croire, en imaginant dynamiser son camp, Christiane Taubira. La goutte d’eau qui vient faire déborder un vase de prétentions déjà bien rempli. Au final, à eux quatre, ils ne représentent au maximum que 24%. À ce tarif-là, la gauche unie pourrait arriver première, et faire la nique à Emmanuel Macron, ce dont rêve les organisateurs de la Primaire populaire. Pourtant, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Reste des programmes présidentiels qui prouvent une certaine vitalité radicale chez tous les candidats. La question sociale refait surface, comme une envie chez chacun de revendiquer plus d’égalité, après un quinquennat marqué par le creusement des inégalités.A 9% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon, vétéran des élections présidentielles, arrive en terrain conquis, avec dans sa besace de 2022, son programme pour 2017 : 6ème république, constituante, révocation des mandats, planification écologique à hauteur de 100 milliards, retour de l’État dans le giron économique, hausse du smic, retraite à 60 ans, fin du pass sanitaire.

Sans être aussi radicale, Anne Hidalgo retrouve des accents socialistes d’antan oubliés sous le quinquennat social-libéral de François Hollande. D’abord, augmenter le smic de 15%, soit 200 euros de plus et limiter les écarts de salaires de 1 à 20. Une ambition qui passe par une relance des activités créatrices d’emplois dans l’industrie. La candidate du parti socialiste s’engage à créer « un fonds pour la réindustrialisation et l’emploi local doté de 3 milliards d’euros, un livret de développement industriel par l’écologie afin de flécher l’épargne des Français vers les projets industriels créateurs d’emplois et décarbonant notre économie ». Si les 32 heures hebdomadaires ne s’affichent pas dans son programme, la maire de Paris veut utiliser l’arme fiscale pour favoriser la justice sociale et environnementale par le retour d’un ISF mais climatique. Son projet : parvenir à 100% d’énergies renouvelables, et stopper la course à la construction des EPR, centrales nucléaires de dernière génération. Sur un plan plus sociétal, elle veut abaisser l’âge du vote à 16 ans.  

À gauche, un programme social-écologique en partage

Coté écologiste, l’environnement et le social s’articulent. Yannick Jadot prévoit une sortie du nucléaire, des cantines 100% bio, et la fin des véhicules thermiques (à essence) à partir de 2030. Dans le même temps, le candidat écolo envisage un « grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros par an pour reconstruire l’économie, accélérer la rénovation des logements, déployer les énergies renouvelables et tout ce qui relève des mobilités collectives et décarbonées ».

Dernière arrivée, Christiane Taubira, se distingue par des mesures sociales qui la rapprochent, idéologiquement, de Mélenchon et Hidalgo : Un revenu étudiant de 800 euros par mois, pendant 5 ans, un smic revalorisé à 1400 euros net, une TVA à 0% pour les produits issus de l’agriculture écologique. Sans crainte du trop-plein, l’ancienne ministre de la Justice a tenu à justifier sa soudaine candidature : « Je m’engage auprès de vous parce que je partage avec vous l’aspiration à un autre mode de gouvernement. Nous voulons un gouvernement qui sache écouter et décider en clarté. Nous voulons un gouvernement qui sache écouter nos capacités plutôt que de nous infantiliser ».

Au bout du compte, quatre candidats aux programmes assez communs et ressemblants. Un retour aux fondements de la gauche, où les questions sociales s’imposent à nouveau. Si la division interpersonnelle règne entre les candidats, chacun prouve que d’autres options sont possibles, vers un modèle social-écologique que Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, et Yannick Jadot ont en partage.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Parler de « radicalite » des  » programmes  » des candidats de la sociale démocratie il faut oser.
    Un programme n’est pas un chapelet de mesures élaborées avec une palanquée de communicants mercenaires c’est un tout cohérent et surtout réalisable.

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