Caffe Mulassano, Turin, Italie - Photo Alejandro - Creative Commons
Caffe Mulassano, Turin, Italie - Photo Alejandro - Creative Commons

Face à la récession et la difficulté des petits commerces italiens, notre contributrice Rosamaria Maggio, professeur de droit à Cagliari propose quelques solutions simples.

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un tour de la ville pour observer le déconfinement. Non pas que je ne sois jamais sortie pendant les mois du confinement, mais je l’avais fait très peu et toujours très rapidement pour accomplir des tâches essentielles.

Aujourd’hui c’était donc une promenade avec un œil plus observateur. Et le constat est dur : beaucoup de rideaux de bars, de petites boutiques, de coiffeurs sont fermés.

Certes, comme cela se produit toujours en cas de catastrophe, le Covid-19 a eu une plusieurs formes d’impact.

Certains ont souffert de la maladie, ont vu leurs parents, leurs enfants, leurs amis mourir. Certaines petites entreprises se sont appauvries. Mais certains, notamment dans les secteurs productifs liés à la santé, la santé et l’hygiène, au contraire, se sont enrichis.

Le constat est terrible : Seules 3 entreprises sur 10 à l’échelle nationale ont rouvert. L’État italien, comme l’ État français d’ailleurs, a répondu présent. Beaucoup d’établissements de restaurations ont déjà pu piocher dans un fonds de 25 millions d’euros non remboursables, mis à disposition dans leurs établissements bancaires. Les représentants du secteur de la restauration déclarent que les petits entrepreneurs ont déjà réclamé ces 25 millions de fonds non remboursables mis à disposition et que certaines banques les ont déjà payés.

Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire.

De nombreuses mesures ont été mises en place et les premiers décrets sont déjà en vigueur. Bien qu’il soit nécessaire de surmonter la lourde bureaucratie italienne.

Tous ceux qui tentent maintenant de récupérer après les mois de fermeture forcée, qui n’avaient pas de trésorerie mais qui doivent faire face aux frais de réouverture, et qui sans la présence des consommateurs ne pourront pas se contenter d’aides d’État, tous ces petits entrepreneurs, les bars, les restaurants et les petits magasins de quartier, tous ceux-là ont besoin impérativement de nous.

Donc c’est à nous, chacun de repenser notre façon de consommer.

Je propose donc l’adoption, par chaque immeuble, d’un bar où commander et déguster un petit déjeuner hebdomadaire, d’un restaurant où demander des plats prêts à manger de temps en temps, et pourquoi pas, également d’un petit commerce de proximité.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer que nos besoins alimentaires entrent aujourd’hui en collision avec la déforestation, liée à la culture intensive.

Du point de vue alimentaire également, il faut repenser nos nouvelles habitudes. Éviter de plus en plus de manger des fruits et légumes hors saison, qui souvent viennent de loin, sont produits sans normes strictes et coûtent moins cher pour notre porte-monnaie mais très cher pour l’environnement.

Il faudrait privilégier des produits à 0 km, peu imbibés de ces produits chimiques servant à leur maturation et leur perfection esthétique, vendus dans les grandes chaînes commerciales, et généralement récoltés par des travailleurs agricoles sous-payés.

Par des gestes simples, nous pouvons chacun, tout changer.

Pour l’instant, commençons par le cappuccino en copropriété : adoptons un bar !

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