Ça avait si bien commencé pour la Professeure Agnès Buzyn, médecin reconnue professionnellement, mais inconnue du grand public, apparue par la magie d’En marche, sous les lumières et les lambris des ministères. Pour elle, en 2017, le nouveau président Macron avait choisi un poste de choix et de cohérence, la santé. Une professionnelle de la question dont on verrait bien le niveau d’efficience. Au fil des mois, d’une ambition affichée pour l’hôpital, la ministre Buzyn opte pour une politique de sage gestion, en effectifs comme en lits, en l’instar des ministres qui l’avait précédée…

Grognements dans les rangs hospitaliers

Certes, mais pas chez les Français qui apprécient son sérieux, sa mesure, et son empathie héritée de sa culture professionnelle. L’affaire Griveaux l’élève au niveau de poids lourd du gouvernement. C’est elle qu’on appelle à la rescousse pour remplacer au pied-levé l’imprudent candidat à la mairie de Paris. Dès lors, l’espoir renait, dans les rangs d’En Marche, de déboulonner la statue d’une Anne Hidalgo, à l’image contestée au bout de 6 ans d’un mandat, et radicalement portée sur l’oxygénation de la capitale, au détriment du tout voiture.

Un gadin magistral aux municipales de Paris

Au 1er tour des municipales, déjà, douche froide pour Agnès Buzyn largement distancée par ses rivales Rachida Dati et Anne Hidalgo. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, son départ du ministère de la Santé coïncide avec l’arrivée brutale du coronavirus. Deuxième tour, à nouveau un gadin magistral, 13%, et pas de siège au conseil municipal de Paris. Mais que représente cette déroute par rapport au scandale des masques, des tests et des équipements introuvables durant deux mois de crise ?

Auditionnée, mardi 30 juin, par la commission d’enquête sur la crise sanitaire, l’ancienne ministre de la Santé a eu du mal à convaincre son auditoire. À l’entendre, tout a été géré au mieux, au grand dam des hospitaliers justement en manque de tout. Sur les masques, elle s’est défendue estimant que leur gestion « ne remonte pas au niveau du ministre ». Mieux que cela, Agnès Buzyn lance défiante : « Vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas anticipé ! ».

Retour de la Professeure Buzyn à l’hôpital de Clamart

Surtout, qu’on ne vienne pas lui dire qu’elle a quitté le navire tanguant de la Santé pour la croisière électorale des municipales à Paris. Pied à pied, elle se défend, dates et contexte du moment à l’appui : « Je quitte le ministère le 16 février. Il n’y a pas eu de cas nouveaux en France depuis neuf jours ». Et de rappeler qu’à ce moment là, La République en marche n’avait plus de candidat à la Mairie de Paris. « Moi, j’estime que j’ai fait mon travail de préparation du système de santé », clame-t-elle aux enquêteurs parlementaires… De quoi estomaquer nombre d’hospitaliers qui se sont débattus dans la pénurie en plein pic épidémique.

Fin de parcours pour Agnès Buzyn qui aurait dû briller au firmament d’une carrière politique qui avait bien commencé. Retour à la case-départ, à cet hôpital qui a contribué à sa chute, sous les coups de boutoirs d’un invisible coronavirus. Professeure d’hématologie, la candidate défaite aux municipales a repris ses fonction à l’hôpital militaire Percy à Clamart, en région parisienne. Un retour dans son élément originel, dont elle connait les arcanes, où c’est à elle, la chef de service, qu’on rend désormais des comptes.

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