Strasbourg vue de la Cathédrale - Photo Dominique Cappronnier - Creative Commons.

Eh oui … l’agression d’une jeune fille pour une jupe trop courte a Strasbourg ne semble être, finalement, qu’une affabulation, au mieux, ou une manipulation, au pire. Les enquêteurs ont en effet visionné plus de 40h de vidéos surveillance et il n’existe aucune trace d’agression.

Par ailleurs, selon le quotidien « Les Dernières Nouvelles d’Alsace », son téléphone portable aurait borné près de son domicile, à l’heure de la supposée agression, alors qu’elle avait affirmé qu’elle s’était fait molester pendant qu’elle consultait son portable, qui semble donc avoir le don d’ubiquité. Pourquoi parler de manipulation ? Parce que cette étudiante, selon Libération, est très proche d’un groupe Facebook « Stras Défense », qui milite contre le harcèlement et parait très proche de la droite extrême.

Même si les enquêteurs s’empressent de dire, officiellement, qu’elle est toujours considérée comme une victime et que l’enquête est prioritaire, ils émettent, en privé, de sérieux doutes, notamment sur les réponses de plus en plus évasives de la jeune fille.

Quand on pense aux débats médiatiques enflammés sur cette affaire, les supputations sur les agresseurs, forcément des musulmans, et toutes les théories fumeuses qui suivent sur la racaille et le coupe gorge hexagonal (j’en passe et des meilleures), on ne peut s’empêcher de se moquer de ces démarrages au quart de tour. C’était le cas pour l’affaire Augustin, du nom de ce jeune homme volant au secours de plusieurs jeunes filles qui n’avaient subi aucune agression, contrairement à la version servie par son frère, qui parlait d’une agression en règle de « 5 racailles colorées ».

On peut même aller jusqu’à la folie qui s’est emparée des réseaux sociaux à propos des membres d’un gang qui vendaient de la drogue en pleine cité, armes à la main, alors qu’il s’agissait en fait de l’enregistrement d’un clip de rappeurs. On peut se moquer de ces influenceurs, qui se radicalisent de jour en jour.

Et on peut aussi s’en inquiéter. Car le mal est fait. Et s’il s’avère que la jeune étudiante a quelque peu affabulé, le tapage sur ce mensonge ne sera pas aussi bruyant que celui qui a accompagné les premiers jours de cette affaire.

La véritable manipulation de l’opinion est là : sauter sur tout ce qui bouge, le moindre fait divers, le monter en une, le citer en exemple pour démontrer le danger, travailler la psyché collective. Certes, les problèmes existent et il ne s’agit pas de les nier. Mais, on ne peut pas les régler dans l’a peu près, la globalisation, les généralités. Agir ainsi, c’est aggraver le mal.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    On ne pourrait mieux dire.

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