Image de synthèse de 3 futurs Airbus zéro émission - Photo ©️ AIrbus.

En ces temps de crise sanitaire qui confine à la crise économique, des géants industriels devenus des monstres aux pieds d’argile soufflent le chaud et froid quand ils regardent vers demain. Cas typique : Airbus.

D’abord le froid, avec son projet de suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 5000 en France, et singulière à Toulouse, capitale européenne de l’aviation. Sauf que tandis qu’on dégraisse sévèrement, on ambitionne tout autant en se verdissant. Ainsi le lancement, à court terme, d’un nouvel avion ne volant plus au kérosène polluant mais à l’hydrogène qui ne rejetterait dans l’air que de l’eau. Voyage écolo garanti…

Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe chez les avionneurs, dont Boeing, pris de vitesse par son concurrent européen. Car Airbus envisage de débuter ses vols commerciaux à partir de 2035, et s’engage à un opérer des recrutements correspondant à sa nouvelle direction. Déjà, trois concepts d’avion sont sur la table des ingénieurs de la société internationale. Le premier pourra accueillir 200 personnes avec une autonomie de 3500 kilomètres. Le deuxième plus léger sera en capacité d’embarquer 100 personnes et se distinguera par un détail : son hélice. Quant au troisième avion, il disposera d’ailes volantes pour transporter 200 personnes. Autant dire des appareils à capacité moyenne, enterrant définitivement les monstres volants que sont les A380 des années 2000.

Reste le contexte d’annonce de cette révolution aérienne, commerciale et « verte » ; un contexte de virus, de chômage massif, de tourisme en berne. Si la direction d’Airbus s’affiche rassurante, en affirmant : « Bien que des mesures forcées ne puissent être exclues à ce stade, Airbus travaillera avec ses partenaires sociaux pour limiter l’impact de ce plan en s’appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles, y compris les départs volontaires, les mesures de retraite anticipée, ainsi que le chômage partiel de longue durée pour les activités qui s’y prêtent ».

L’hydrogène de demain ne satisfait pas les syndicats aujourd’hui

Les syndicats se montrent sceptiques face à de telles promesses, et demandent des garanties sur le devenir des 5000 salariés sacrifiés sur l’autel d’un désastre économique. Pour FO, 1er syndicat chez Airbus, la ligne rouge est de diminuer ce chiffre, qui nous paraît excessif, et de mettre en place toutes les mesures possibles pour ne pas avoir à déplorer le moindre licenciement contraint. Nous allons négocier, et si cela ne suffit pas, on verra ». Dans le détail, la saignée promet d’être sévère : Le plan social vise précisément la suppression de 14 931 emplois, dont 4 952 en France (3 488 dans la branche avions commerciaux et 1 464 chez Stelia Aerospace). En attendant l’arrivée des avions à hydrogène, la purge promet d’être profonde en région toulousaine, avec la suppression de 3000 postes en particulier à Blagnac.

Le coronavirus, un mal pour un bien ? Airbus, tel le phénix, renaitra-il de ses cendres ? Les dirigeants de l’entreprise européenne veulent le croire en annonçant quasi-simultanément une catastrophe sociale, et ce projet novateur d’avion à hydrogène. Guillaume Faury, patron d’Airbus se montre confiant en certifiant : « Non seulement nous sommes prêts à relever ce défi, mais c’est notre objectif depuis plusieurs années. Il y a encore cinq ans, imaginer un avion zéro émission en 2035 paraissait futuriste. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car on a beaucoup avancé. Surtout que développer un avion décarboné ne nécessite pas de rupture technologique majeure. L’hydrogène, on connaît chez Airbus, nous l’utilisons déjà dans nos fusées et nos satellites ».

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