Airbus A350 XWB - Photo Joao Carlos Medau - Creative Commons
Airbus A350 XWB - Photo Joao Carlos Medau - Creative Commons

Un coup de massue. Il suffisait de voir le visage des syndicalistes d’Airbus pour comprendre que le ciel venait de leur tomber sur la tête hier soir : le groupe Airbus a annoncé 15.000 suppressions d’emplois dans le monde dont 5000 en France.

5000 salariés sacrifiés alors que, parallèlement, l’État a versé 15 milliards d’euros pour soutenir la filière aéronautique, et notamment pour préserver l’emploi.

Comment est-il possible que l’état actionnaire laisse ces grands groupes industriels engranger des subventions stratosphériques sans aucun droit de regard sur la manière dont les dirigeants se comportent, notamment en matière d’emplois ?

À lire les explications du PDG d’Airbus, Guillaume Faury, on comprend mal les raisons réelles de cette gigantesque restructuration : « nous n’aurons plus de travail pour plusieurs postes de l’entreprise dans les années qui viennent ».

Certes ? on peut comprendre que le marché aérien a souffert du covid-19, en raison de l’immobilisation de la flotte et des commandes à l’arrêt. Mais on parle de quelques mois difficiles pour une industrie qui a de beaux jours devant elle. Quel moyen de transport peut remplacer l’avion dans notre société mondialisée, à l’heure où la terre n’est qu’un petit jardin et où les échanges entre nations vont aller encore en s’intensifiant ?

Qui peut croire que cette industrie est condamnée ? Et dans ce cas, quel moyen possèdent les États pour permettre à ces fleurons de passer un cap difficile sans avoir à sacrifier des milliers d’emplois, et par voie de conséquences, d’autres milliers encore puisque les sous-traitants seront forcément impactes par cette purge infernale.

Et quid des actionnaires ? Quelle sera leur attitude dans les années qui viennent ? Vont-ils renoncer au versement de leurs dividendes ? Ou bien voteront-ils des salaires mirobolants comme celui versé à Ben Smith, le PDG d’Air France, au moment où la compagnie annonçait entre 6000 et 10.000 suppressions de postes ?

En clair, pourquoi les salariés doivent-ils être encore et toujours les seules variables d’ajustements alors que sans leur savoir-faire, aucune de ces compagnies ne serait devenue un fleuron industriel ?

Les altermondialistes clamaient, il y a quelques années « nos vies valent plus que leurs profits ». On n’entend plus ce slogan, comme si les salariés s’étaient résignés à subir, subir et subir encore.

Qui, politiquement, parle assez fort, mobilise avec puissance pour empêcher ce type de comportements, de décisions opaques que lesquelles les gouvernements n’ont aucune prise ? Jusqu’à quand ce chantage à l’emploi peut-il durer, au nom du covid, qui certes a « dérangé » le business mais ne semble pas l’avoir mis à terre ? Il suffit de regarder les différentes bourses du monde pour comprendre que le système est reparti de plus belle. Avec, au passage, une épuration, en forme d’hécatombe pour des millions de personnes à travers le monde. C’est intolérable et Emmanuel Macron devrait le dire, haut et fort, comme devraient le dire tous les dirigeants dont les citoyens subissent ce traitement de cheval.

Bercy s’est juste contenté de trouver le nombre de suppression de postes « excessif ». Airbus tremble déjà devant une telle riposte.

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