Fête de la Musique au Canal St Martin à Paris - Capture BFMTV.
Fête de la Musique au Canal St Martin à Paris - Capture BFMTV.

Cette fête de la musique aura eu au moins un mérite : réconcilier les Français autour de leur bouc émissaire favori, le bobo-parisien-qui-fait-la-fête-au-canal-Saint-Martin.

Nous qui avions justement besoin d’unité nationale et ne savons plus nous unir que « contre » – contre Le Pen, contre Mélenchon, contre la guerre (et encore), contre le racisme (même pas, en fait…)… nous sommes servis.

Il faut dire que les bobos en question avaient fait fort. Si bien que les policiers ont dû intervenir, parfois rudement, là où ils avaient fait preuve de mansuétude sur l’esplanade des invalides il y a quelques semaines, vis-à-vis de Parisiens blancs comme des cachets d’aspirine, qui apprenaient à manger des chips et à draguer masqués en respirant l’air à nouveau vicié par les pots d’échappement.

Les règles sont là pour être respectées, il n’y a donc rien de plus normal à tenter de faire appliquer cette distanciation sociale que de moins en moins de Français portent dans leur cœur. On oublie trop vite le renouveau du virus dans quelques pays voisins. On oublie aussi, la musique et l’alcool aidant, que le professeur Raoult a (encore) changé d’avis la semaine dernière, voyant dans le cas Néo-Zélandais le potentiel présage d’une saisonnalité de l’épidémie… 

Certains nous diront « raison de plus ! profitons que le chat n’est pas là pour danser ! »… Réflexe humain, évidemment.

Ceci étant dit, en voyant les images d’évacuations musclées, on ne pouvait se demander si elles ne visaient pas à restaurer un peu, symboliquement, cette autorité de l’Etat tant affaiblie ces dernières semaines.

Affaiblie par les mots – manifestations « interdites mais tolérées », « soupçon avéré » de faute… – des plus hautes autorités de l’Etat.

Affaiblie par les images terribles des rues de Dijon, où se sont impunément affrontés, sous l’œil ébahi des réseaux sociaux et des riverains terrifiés, des gens cagoulés, kalachnikov à la main.

Affaiblie, enfin, par les actes : ordres et contrordres dans tous les domaines, règles appliquées à géométrie variable – ici interdiction de se rassembler, là autorisation, ouverture pour les uns, fermeture pour les autres… on a fini par se perdre dans les méandres des consignes du déconfinement.

Il ne s’agit d’ailleurs pas ici de blâmer ni les fonctionnaires qui tentent d’établir des règles, ni ceux qui essaient de les faire respecter, ni même ceux qui ne les respectent pas car si « nul n’est sensé ignorer la loi », encore faut-il que celle-ci soit intelligible… Mais il faut souligner cet état de fait : en France, depuis quelques semaines, c’est le bordel à tous les étages. Et face à ce sentiment de désordre – du plus anecdotique, jusqu’aux atteintes les plus graves à l’ordre républicain -, il faut à un moment donné que les autorités tapent du poing sur la table. Osent dire stop. Sanctionner. Remettre tout au carré.

Tant pis pour les bobos : ils étaient sans doute, au final, les plus faciles à domestiquer. Espérons cependant que la remise en ordre ne s’arrête pas là.

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