Vous avez aimé la chasse aux masques, lorsqu’ils étaient plus rares que le caviar ? Alors vous aimerez la course aux tests, surtout si vous avez la malchance d’être parisien ou de vous trouver sur un de ces lieux très touristiques en France où les laboratoires sont saturés.

Interrogé sur France inter, le Professeur Delfraissy reste relativement peu directif en matière de stratégie de tests. Alors que le conseil scientifique qu’il préside vient de rendre un avis estimant hautement probable la survenue d’une seconde vague à l’automne, et que près de la moitié des contaminations seraient le fait de porteurs du virus asymptomatiques (selon Santé Publique France), on continue à ne recommander le test qu’aux gens chez qui se manifestent des symptômes. Pour les autres, en somme, c’est « faites comme vous voulez ». Donc si vous partez en vacances retrouver de la famille, testez-vous… ou pas, l’essentiel étant « le respect des gestes barrière ».

On comprend bien que derrière ces propos, il y a la crainte de voir les gens prendre un test négatif pour un passeport pour le n’importe quoi, une excuse au relâchement généralisé, alors qu’un test ne vaut par définition que jusqu’au moment où l’on sort du labo… Et si les Français ont déjà tant de mal à porter le masque de manière raisonnable en l’absence d’obligation légale, il est sans doute utile de ne pas leur donner de nouvelles excuses pour ne pas le faire.

Néanmoins, cette stratégie floue interroge, et peut inquiéter. Elle interroge car souvent, les moyens mis en place découlent de la stratégie et des objectifs fixés par le politique. Or, ici, les moyens font parfois cruellement défaut : à Paris, se faire tester relève du parcours du combattant. Il n’est pas rare, aujourd’hui, de se voir proposer un rendez-vous à la fin août. Donc les parisiens se dispersent autour de Paris pour se faire tester – avec les risques de contamination afférents.

Si le parisien inquiet décide de faire la queue devant un laboratoire acceptant les patients sans rendez-vous, il se retrouve à patienter pendant des heures en plein soleil, entouré de gens certes masqués mais symptomatiques et peut-être malades pour certains, et il se dit que si il n’avait pas le virus avant, il y a de bonnes chances qu’il l’ait attrapé depuis…

Qui plus est, il n’est souvent possible de prendre rendez-vous que via Doctolib, une plateforme controversée sur la protection des données des patients, et qui pourrait représenter une barrière à l’accès pour de nombreuses personnes âgées ou n’ayant pas internet.

Au fond, quand on entend que l’Ile de France fait partie des zones les plus « à risque », où l’épidémie repart ; quand on entend que la Maire envisage d’obliger au port du masque dans de nombreux lieux publics ; quand on nous dit et répète pour la millième fois que la seule stratégie face au virus est de « tester et isoler » ; et quand on voit que certains alertaient déjà sur la saturation des centres de test au début du mois de juin… on se demande bien pourquoi rien ne semble fait pour désengorger les centres de tests Parisiens (et les autres centres saturés ici et là sur le territoire).

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