Masqués pour aller à l'École - Photo ©️ Daniel Perron

À l’heure du Covid, une question fondamentale, et même phénoménologique, se pose à tous : masques gratuits or not masques ? Un vrai sujet de philosophe dont s’emparent tous les essayistes et autres polémistes. Doivent-ils être, en effet, gratuits ? En fonction des revenus ? En fonction des handicaps ? Et la prise en charge, par l’État ? Par la Sécurité sociale ? Et le prix des masques, à bloquer ? À plafonner ?

Autant de questions qui taraudent les responsables politiques, associatifs, syndicaux, tant la pandémie s’acharne à être fidèle comme le sparadrap du Capitaine Haddock. Pourtant, en bout de chaine, c’est bien le gouvernement qui a tranché. Loin de l’expression présidentielle « quoi qu’il en coûte », la distribution sera conditionnée à des questions de revenus, de handicaps, de professions. Et même si « Que choisir » explique que « pour une famille avec deux enfants le coup des masques, mensuellement, s’élèvera à plus de 220 euros, le gouvernement a imposé une limite de prise en charge plutôt restrictive.

Pas de tournée générale pour les masques

Dans le détail, obtiendront des masques gratuits, les personnes disposant de revenus sous le seuil de pauvreté, les personnes à risques (maladies respiratoires, diabète, bénéficiaires de l’ALD), les personnes infectées par le Covid-19, les professionnels de santé. Les décisions gouvernementales en faveur d’un éventail de gratuité des masques est allé assez vite, non sans qu’Emmanuel Macron avertissent dès mardi, « les contribuables n’ont pas vocation à payer des masques pour tout le monde ». Résultat, une liste qui ne satisfait pas vraiment les acteurs sociaux.

Première de cordée contestataire, la CGT qui demande la gratuité générale au nom de l’égalité, d’autant que le virus ne connait pas de frontières spatiales. Dans un communiqué, le syndicat de Philippe Martinez exige « la gratuité des masques pour tous les usagers ; masques pour le grand public et, dès lors qu’ils sont au travail, masques fournis par les employeurs, il est grand temps de ne pas leur faire supporter le coût de masques vendus à des prix exorbitants ». Comme ce syndicat, d’autres pensent cette gratuité justifiée par la pandémie, en comparant le bout de tissu de protection à un vaccin. Vaccins pris en charge par l’Assurance maladie (CNAM).

Les masques et le Covid-19 ont rappelé chiffres à l’appui la fragilité de la société française. Ces chiffres fournissent de solides indications sur les principales victimes du virus : les plus démunis, et les porteurs de pathologies chroniques. Au bout de la gratuité des masques, on apprend que 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, que 2 autres millions souffrent de pathologies lourdes voire létales du fait du covid-19. D’où l’urgence à distribuer ces masques alors que l’épidémie repart lentement mais sûrement. Un contexte sanitaire tendu qui oblige Olivier Véran, ministre de la Santé, à s’engager : « de manière à ne leur demander aucune démarche ». « Nous passons un contrat avec la Poste qui s’est engagée à envoyer d’ici quelques jours seulement ces masques gratuits, pour une protection de trois mois »

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