Aurore - Photo Cayetano - Creative Commons.
Aurore - Photo Cayetano - Creative Commons.

Oui, 2020 aura été une année en enfer. L’enfer sanitaire en premier lieu. L’enfermement, la peur de la mort, de la maladie, les séparations, les deuils, les licenciements, les faillites. Une année d’angoisses, de questionnements, de remises en cause trop timides d’un modèle à bout de souffle, qui pourtant s’accroche pour rendre un peu plus riches encore les déjà très riches et appauvrir encore les déjà très pauvres ou presque pauvres. 

Mais ce fut aussi une année en enfer politique où l’on aura vu les théories de la révolution conservatrice envahir nos écrans, le débat public et politique, où l’on aura vu glisser la droite, le centre et même une partie de la gauche vers un durcissement invraisemblable sur les questions de l’identité, de l’immigration et de la sécurité. 

Une année en enfer durant laquelle Emmanuel Macron aura joué avec la dynamite sécuritaire, identitaire, maniant Maurras, Pétain et le vocabulaire de l’extrême droite sans aucun complexe tout en essayant de rogner la liberté de la presse avec le fameux article 24. Une année infernale ou les syndicats de la police nationale ont littéralement pris en otage ce gouvernement, en ne masquant même plus leur radicalisation. 

Derrière les belles paroles sur les droits humains, Macron et son gouvernement ont opéré un virage électoral à la droite de la droite qui nous laisse sans voix, tant la stratégie de siphon du Rassemblement National paraît illusoire.  

Et que dire de la gestion de la pandémie. Si, sur le plan économique, ce gouvernement n’a pas démérité, tout est allé à vau-l’eau : les masques, les tests, et aujourd’hui, la vaccination qui avance à un train d’escargot. 

Inutile de revenir sur les injonctions paradoxales, les ordres, les contre-ordres, les aberrations, le manque d’anticipation. L’année s’est écoulée au rythme épuisant des controverses médicales, des haines recuites entre mandarins, des tâtonnements d’un pouvoir politique, qui n’a peut-être pas fait pire que les autres mais n’a cessé de se pousser du col, de clamer “ nous sommes les meilleurs”, de briller surtout par son arrogance alors que la France affiche l’un des plus lourds bilans européens, et mondial. Beaucoup de coups de menton et si peu d’empathie et de modestie.

Une année en enfer enfin avec le terrorisme, la mort atroce de Samuel Paty et l’attentat de Nice qui nous ont sidérées, ont entraîné un chagrin collectif et des débats souvent insupportables sur la laïcité et l’immigration. La France est devenue binaire et hystérique, entre islamophobie et islamogauchisme, comme s’il ne pouvait plus exister de juste milieu, de sagesse, de dialogue possible sur des questions aussi fondamentales qui méritent un autre niveau que cette foire d’empoigne permanente et abrasive.

Il est donc temps de tourner la page de cette Annus Horribilis et d’entamer 2021 avec la force de l’espoir. Même si cette nouvelle année commence sous couvre-feu, et que nous ne savons pas vraiment où nous allons, la pandémie finira bien par être vaincue, avec les gestes barrières et la vaccination. 

Même si le désastre économique s’annonce, il faut aussi croire dans le génie humain et la capacité à reconstruire sur un champ de ruines. 

Même si nous sommes contraints encore et toujours, les jours heureux reviendront. Et devrait aussi se dresser une nouvelle conscience, citoyenne, écologique, solidaire. Elle émerge, Elle pointe le bout du nez et c’est à nous de la faire grandir, et la mettre en œuvre. Et j’en viens au plus grand défi de 2021 : la préparation du changement politique. Laisserons-nous une nouvelle fois s’écrire un duel du second tour de la présidentielle dont la majorité des français ne veulent pas ? Macron/ Le Pen, non merci ! 

Si je devais formuler un vœu, ce serait que la gauche, dans son spectre le plus large, parvienne à s’unir pour refermer la parenthèse Macron, renvoyer à ses chères études l’extrême droite et changer radicalement de logiciel politique. Passer enfin du libéralisme de plus en plus débridé à la social-écologie. 

« L’union est un combat », disait Jean Jaurès. Que les combattants se ressaisissent et créent une véritable unité et un véritable espoir de changer véritablement la vie. 

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 2 commentaires

  1. Alexandre

    Super article, comme toujours ‼️ Reste que je ne vois rien à même de stimuler le moindre optimisme dans cette année qui s’annonce… 🙄

  2. Rosa

    Le  » positivisme »de Mme Degois force l’admiration, pas béate, celle d’ un « regain « …
    Reste une grande inquiétude ; à regarder les 4h du travail remarquable du magazine  » Vu  » ( e n replay sur F3) retospectif de l ‘année, on est frappé, par une chose, qu’on savait, mais qui apparaît là dans toute sa crudité, l’omniprésence de Macron. Il devient évident que ce qu’il tente, c’est le recours au maître absolu fruit du populisme et pas son contraire . ça fait peur.
    Regain…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.