Aucun mot ne saurait qualifier ce que nous ressentons et surtout ce que la famille de ce professeur d’histoire-géo peut ressentir. Sa famille, ses amis, les élèves du collège. Être décapité en pleine rue, devant un établissement scolaire, par un dégénéré au nom d’un Dieu, ça n’est pas supportable. Ça n’est même pas envisageable. Et pourtant, c’est advenu. Il n ‘y a pas de mots hormis le chagrin, la sidération, la colère. Ce professeur avait donné un cours sur la liberté d’expression et l’avait illustré par des caricatures de Mahomet. Il semblerait que plusieurs parents d’élèves s’en soient plaint. Si c’est exact, ils devront s’expliquer eux aussi sur les conséquences d’une colère qui aboutit à ce drame insoutenable. Rien ne valait la mort d’un homme, qui plus est dans des circonstances aussi barbares. Rien. Et certainement pas une caricature.

Cette stratégie de la terreur nous interpelle et exige de nous que nous fassions   preuve d’une détermination plus forte encore pour faire respecter notre sacro-sainte liberté d’expression. Cette stratégie est diabolique. Elle vise à nous intimider, à nous auto censurer, à réduire notre voilure, à ne plus oser de peur de …. En ce sens, le doute et l’angoisse provoqués à dessein, sont là pour saper nos murs intérieurs et les laisser prendre l’eau du compromis puis de la reddition. 

Mais nous ne devons pas non plus plier face aux marchands de peur, ceux qui nous vendent leur bréviaire sur l’islam qui tue, la France coupe-gorge et l’immigration. Bien sûr, ce que je dis est difficilement audible en de pareilles circonstances mais, à l’heure où toute la fachosphère et ses satellites se déchaînent déjà, avec si peu de pudeur, sur le mode « regardez on vous l’avait bien dit », sur cette France fantasmée, il est urgent de rappeler ce soir encore que le djihâd tue, les terroristes tuent, au nom d’Allah, mais qu’ils ne sont que des individus ne représentant en rien une communauté dans son ensemble, ni une religion dans son ensemble. Je ne me sens pas du tout anti républicaine, anti laïcité en écrivant cela. Je rappelle simplement aux marchands de malheur qu’il faut de la nuance, du discernement et de la sagesse et que la façon dont certains exploitent déjà cet acte de barbarie est à vomir.

Je n’excuse en rien les assassins en rappelant que derrière chaque musulman de France ne se cache pas un dégénéré décapitant des citoyens. Ne plions pas face à cette stratégie de la terreur. Mais ne plions pas non plus face à l’exploitation insupportable de cette barbarie.

Je terminerais avec un mot pour les professeurs, en première ligne face aux atteintes régulières à la laïcité, à l’impossibilité d’enseigner la Shoah dans certaines classes, face à la réaction, souvent agressive, de certains parents. Qu’ils reçoivent tout notre soutien et notre admiration car le salut viendra de l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation. 

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 1 commentaire

  1. Paul

    Merci pour votre courage. Car aujourd’ hui il en faut pour tenir les deux bouts. Combattre le mortifère fanatisme islamique mais aussi son allié l’extrême droite nauséabonde.
    Car les Enthowen et consorts vont exactement où les terroristes veulent que nous allions, une République déchirée, un ressurgissement des guerres de religion.
    Mais on peut se demander si au fond ce n’est pas ce que souhaite une extrême droite qui se gargarise de « laïcité et de République  » deux concepts qu’elle a longtemps combattu.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.