Les éléments de langage se diffusent à tour de bras depuis l’Élysée pour expliquer le silence d’Emmanuel Macron après l’attentat devant les anciens locaux de Charlie Hebdo hier. Des hier soir, la présidence faisait savoir à l’AFP, qui s’étonnait du silence du chef de l’Etat, qu’il ne s’exprimerait pas sur le sujet. Depuis hier, les conseillers se relaient évoquant la pudeur, d’un Président qui a suivi la situation minute par minute, qui a appelé personnellement les familles et les blessés. Il a tout piloté de son bureau, dans un souci de responsabilité, explique-t-on.

On n’imagine pas, évidemment, un chef de l’État ne rien faire en pareil cas. Ce qui est plus curieux, en revanche, c’est de ne rien dire. On sait à quel point Emmanuel Macron aime communiquer sur les réseaux sociaux, sur tous les sujets, y compris les plus polémiques, comme cette bagarre avec le Président brésilien Jair Bolsonaro par Twitter interposé. On sait aussi qu’il goûte, à travers cette forme de communication, ce lien direct avec les citoyens, à la manière d’un Donald Trump, la provocation en moins.

Dès lors, on est en droit de s’interroger sur cet hommage à Juliette Greco, suivi ce matin par un hommage à Jacques Chirac, décédé il y a un an. Et pas un mot entre les deux sur une attaque à l’arme blanche en plein cœur de Paris, attaque sauvage perpétrée dans un lieu symbolique, en plein procès Charlie et touchant à nouveau des journalistes d’une société de production de documentaires. Pourquoi une telle diète présidentielle ? Faut-il y voir un changement de stratégie de communication ? Une volonté de garder sa parole pour sa future intervention, très attendue, sur le séparatisme, début Octobre ? Lui a-t-on conseillé de ne pas s’exprimer à tort et à travers sur un sujet aussi abrasif actuellement dans notre pays ? Mystère.

En tous cas, ce silence, hormis qu’il nourrit les théories les plus fumeuses, est plutôt malvenu, quelles que soient les raisons stratégiques. Il est incompréhensible dans une telle situation et la volonté forcenée de se démarquer de la méthode de François Hollande, dans son quinquennat ensanglanté, n’explique pas cette absence de réaction officielle.

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