Photo Nenad Stojkovic - Creative Commons.
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De la seconde vague de Covid, au vague à l’âme, une partie des Français a subi de plein fouet le retour en force de l’épidémie de coronavirus, dès le mois d’octobre. Même moins sévère, selon les épidémiologistes, la pandémie a frappé les plus fragiles, et en particulier les jeunes privés de leurs repères sociaux et affectifs. Plus largement, les chiffres viennent accréditer la fragilisation du corps social dans son entier. Une étude menée par l’IFOP et la Fondation Jean-Jaurès révèle que 20 % des personnes, durant le confinement, ont eu des pensées suicidaires, dont un bon quart de jeunes. Et pour cause, entre études perturbées, précarité professionnelle, et éloignement familial, les plus jeunes paient un lourd tribut à ce confinement d’automne même allégé.

Parmi les plus touchés, également, les commerçants, les artisans, les indépendants qui ont vu leurs activités, soit amoindries, soit interdites, pour deux mois de plus, après les six semaines d’un premier confinement. Au final, en 2020, entre les deux phases d’endiguement et de fermeture sanitaire, 10% des Français ont consommé des antidépresseurs, dont 11% pour les seuls artisans et commerçants. Le soutien de l’Etat, par des revenus de substitution, par des crédits garantis, n’est pas parvenu à apaiser l’angoisse de ces professionnels si habitués à ne dépendre que d’eux-mêmes. En particulier, les restaurateurs et les cafetiers dont les portes ne rouvriront pas avant le moins de janvier. Au mieux.

Face à l’isolement réinventer son quotidien

Dans le détail, les pathologies psychiatriques liées aux conséquences du Covid prennent des formes différentes, en fonction des profils. De nombreux experts constatent dans leurs cabinets l’explosion des cauchemars, des phénomènes massifs d’hypocondrie et de compensation psychotiques. Le sentiment d’isolement, la peur des conséquences économiques du confinement, et la crainte d’être contaminé par le coronavirus viendraient expliquer ces surrections psychiques incontrôlées. Selon une étude menée, dès la première vague par l’Institut de Recherche et Documentation en Économie de la Santé (IRDES) les femmes sont plus touchées par les troubles psychiques. La chercheuse Coralie Gandré, docteure en santé publique, qui a participé à cette enquête, explique que « La première hypothèse pour expliquer cela est que les femmes ont vu une augmentation de leur charge mentale au cours du confinement. La deuxième est qu’elles sont, de manière générale, plus vulnérables en termes d’état de santé mentale, notamment face à des éléments extérieurs anxiogènes ».

Pour dépasser ces tous désordres psychiques, les thérapeutes fournissent quelques clés de compensation, hors traitement médicamenteux. En résumé, une manière de vivre au quotidien pour affronter les effets délétères du confinement. Nonobstant, l’isolement et l’inactivité : se fixer une heure de réveil comme en temps normal, s’habiller et éviter de rester en pyjama pour se donner l’impression d’être actif, prendre ses repas à heures habituelles, respecter les heures de coucher, s’accorder des moments qu’à soi, en dehors des contraintes familiales. Autant d’esquives comportementales qui peuvent aider à affronter une deuxième vague de confinement qui, à défaut d’avoir été plus sévère que la première, aura été plus mal vécue par les Français… Le froid et les journées raccourcies de l’automne n’ayant pas contribué à résister cette forme adoucie d’enfermement.

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