Une gifle infligée à la devise de la France, et à la nuit du 4 aout abolissant tous les privilèges, signée par l’organisation caritative Oxfam, dans sa dernière en enquête titrée Le virus des inégalités : « Si vous aviez pu économiser l’équivalent de 8.000 euros par jour depuis la prise de la Bastille, le 4 juillet 1789, vous n’arriverez aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault (PDG français du groupe de luxe LVMH) ». La pandémie crainte de tous, s’avère un business lucratif pour les plus grandes fortunes du monde en général, et de France en particulier. Au bout d’un an d’une épidémie qui a appauvri des salariés aux petits indépendants, l’heure est déjà au point d’étape. Un tableau noir sur lequel se dessine une inégalité de sort, de santé et de revenus, à la forme exponentielle.

Rien qu’en France, pays où après impôts les inégalités se réduisent relativement, les chiffres révèlent l’ampleur des écarts entre les plus riches et le reste de la population. Des différentiels qui ne datent pas de mars 2020 mais en accélération depuis près d’un an. Avant la crise, la France compte une quarantaine de milliardaires qui accumulent une fortune d’environ 330 milliards d’euros… Une montagne de richesse malgré la crise économique de 2008. En face, un salariat dont le revenu médian s’établit à 1800 euros, et 10 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 1000 euros mensuels. Et Oxfam de préciser que « la part du patrimoine des 10 % les plus riches a augmenté de 113 % tandis que celle des 10 % les plus pauvres a reculé de 31 % ». Un tableau d’avant la crise sanitaire que l’organisation a décidé d’actualiser en fonction de dernières données encore plus accablantes pour une France jalouse de son principe d’égalité.

Les milliardaires contre les milliards de pauvres

Aujourd’hui, et malgré le « quoi qu’il en coûte » plutôt fléché vers les entreprises, un bilan s’impose ; tandis que la richesse des plus nantis explose, notamment à la Bourse resplendissante en ces temps d’épidémies variables. Plus de 8 millions de personnes les plus pauvres ont besoin de l’aide alimentaire de l’État, des collectivités locales et des associations. Un chiffre qui a doublé en un an. Jusqu’en 2020, le nombre de bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) plafonnait à environ 1 million. Ce chiffre a doublé, passant à plus de 2 millions, dont de nombreux salariés et indépendants précaires. Une double peine pour ces premiers de corvée, mal rémunérés, fragilisés et violemment infectés par le coronavirus.

En écho à Oxfam, les grandes associations comme les Restos du Cœur, le Secours Catholique et le Secours Populaire alertent, elles aussi, le gouvernement des effets délétères d’une crise sanitaire qui confine à l’hécatombe sociale.

Dans le numéro de Libération du 20 janvier, Winnie Byanyima, directrice d’Oxfam International accuse le néolibéralisme économique source de disparités inacceptables « entre milliardaires et milliards de pauvres ». Pour elle, l’impôt doit faire son œuvre en rétablissant de l’égalité entre ces riches protégés, et de modestes citoyens victimes d’une pandémie mondiale. Au final, remettre en cause un modèle économique jugé inique : « Le néolibéralisme nous accompagne depuis près de quarante ans. Mais ce modèle économique injuste vit ses derniers jours, comme le montre l’éruption de colères populaires en France et dans le monde. Il est temps de le consigner dans les livres d’histoire et de trouver une façon plus juste de conduire une économie qui profite à une majorité, pas à une petite minorité ».

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Pour remettre en cause ce système les médias remettent le couvert et nous vendent un duel Macron/ Lepen au second tour

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