Michèle Rubirola, candidate du rassemblement de la gauche et des écologistes à Marseille - Photo site michelerubirola.fr

À coup sûr, le second tour des élections municipales du 28 juin réservera des surprises. Les Républicains devraient confirmer leur  ancrage municipal, comme le Parti Socialiste. L’échec cuisant de La République en Marche est d’ores et déjà acté.  La seule surprise réelle devrait venir des écologistes. Et pas dans des villes moyennes, mais à Toulouse, Bordeaux, Marseille et Lyon où les résultats promettent d’être serrés entre les candidats de la droite alliée à LREM et leurs adversaires de la gauche unie revisitée.

Antoine Maurice, candidat de la liste Archipel Citoyen à Toulouse.
Capture vidéo de campagne.

À Toulouse, Jean-Luc Moudenc, candidat adoubé par LREM, connait des difficultés inattendues. Avec un piètre score de 38% au premier des tour des municipales, il a vu ses adversaires franchir des sommets inquiétants à 27% pour la principale liste d’opposition associant des Verts, des communistes, des insoumis et des militants de la société civile, sous le nom d’Archipel Citoyen, liste conduite par l’écologiste du cru Antoine Maurice. Et dans la perspective du second tour, tous les sondages donnent cette liste gagnante, certes d’une courte tête, mais le vent semble tourner en sa faveur.

Une gauche unie locale version écologiste

Ce même vent iodé semble souffler du côté de la Canebière où l’inamovible maire, Jean-Claude Gaudin, a décidé de tirer sa révérence. Résultat, au 1er tour, les votes ont tourné en faveur de l’opposition de gauche. Sa candidate, Michèle Rubirola l’a emporté d’un miraculeux 23.4%, face à la représentante des Républicains, Martine Vassal, qui a dû se contenter d’un décevant 22.3%, talonnée de près par Stéphane Ravier du Rassemblement National à 19.4%. Et le chemin de croix continue pour la candidate de la droite, empêtrée dans une sombre histoire de votes par procuration. Le 28 juin, la triangulaire risque d’être compliquée pour la droite marseillaise au pouvoir.

Situation toute aussi tendue à Bordeaux où les écologistes font jeu égal avec l’alliance LR et LREM.. Au 1er tour, la droite menée par Nicolas Florian est arrivée en tête avec 34,56% des voix… Contre 34,38% pour l’écologiste Pierre Hurnic. Autant dire que la victoire se fera dans un mouchoir de poche. Et si le Vert échoue, il devra sa défaite à l’insistance de François Bayrou qui aura joué aux missi-dominici en vue de rapprocher les marcheurs et la droite. Pourtant, avec l’apport des voix de Thomas Cazenave, à gauche, qui ne suivraient pas les consignes de l’alliance, Pierre Hurnic peut lui aussi créer un séisme dans les terres de Juppé et Chaban-Delmas. Une terre gaulliste tomberait à gauche !

Quant à Lyon, l’affaire municipale tourne au grand chambardement. Profitant de l’engouement des Européennes, les Verts, contre toute attente, ont tiré leur épingle du jeu, en reléguant, loin, les autres partis, notamment LR et LREM. Avec son score flatteur de 29% au 1er tour, le candidat écologiste Grégory Doucet semble en passe de l’emporter face à la droite à 16.7% et au candidat du maire sortant, Gérard Collomb, Yann Cucherat qui plafonne à seulement 15%. Mais c’était sans compter sur la botte secrète de l’ancien ministre de l’Intérieur. Puisque, la ville de Lyon semble perdue, alors retournons la table en s’alliant à la droite locale pour diriger la métropole, en se rangeant derrière le candidat LR François-Noël Buffet. Un choc d’alliance qui n’empêchera pas la révélation d’un phénomène écologiste dans la capitale des Gaules.

Trois grandes villes, trois destins, trois sinuosités politiques, pour des résultats surprenants. Pour Antoine Maurice à Toulouse, les choses se présentent plutôt bien. Selon l’institut de sondages BVA « la dynamique semble favorable à la gauche ». À Bordeaux, Pierre Hurnic, utilisant une métaphore footballistique, lance à ses électeurs de second tour : « Le match n’est pas plié ! ». À Marseille, Michèle Rubirola  se veut confiante en assurant que « le résultat du premier tour était représentatif de ce que voulaient les Marseillais, on le retrouvera au second ». Quant à Lyon, il faudra voir si la tambouille de Gérard Collomb empêche la victoire du candidat Europe Ecologie Les Verts (EELV) Grégory Doucet. Un élan, donc, mais à confirmer le 28 Juin prochain.

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