Muriel Pénicaud, invitée de LCI ce dimanche 31 mai 2020 évoque la baisse des salaires ...
Muriel Pénicaud, invitée de LCI ce dimanche 31 mai 2020 évoque la baisse des salaires ...

On appelle ça jouer avec le feu. Ou alors choisir un long week-end de déconfinement pour glisser ca entre la poire et le fromage, la sieste au parc et la réouverture du resto préféré.

Dans un cas comme dans l’autre, on appelle surtout ça du cynisme. Alors que les chiffres vertigineux du chômage commencent à tomber, le gouvernement, par la voix de Muriel Pénicaud, susurre que les entreprises pourraient fort bien négocier des baisses de salaires, dans le cadre d’un dispositif au doux nom techno « accord de performance collective », qui remplace l’accord de compétitivité dans le cadre des ordonnances sur la loi travail, en vigueur depuis 2018.

Ça signifie qu’une entreprise, après négociations avec les salariés, peut choisir de changer la durée du temps de travail, voire de baisser purement et simplement le salaire, en contre-partie, en autre et pas obligatoirement, de garantie de non licenciement dans une période donnée.

On appelle ça du chantage à l’emploi « je te garde si ». Et ce chantage risque malheureusement de fonctionner, car, dans le période qui s’ouvre, rares selon les salariés qui refuseront avec une telle épée de Damoclès sur leur tête.

Mais cette mesure est d’une dangerosité extrême. D’abord, elle ne garantit absolument pas la reprise. Car qui dit reprise, donc fabrication, dit qu’à l’autre bout de la chaîne, il y a quelqu’un pour acheter. Aucun économiste ne peut affirmer que la croissance va repartir dans les 6 mois qui viennent.

Elle est surtout épouvantable sur le plan social. Pourquoi les gilets jaunes sont-ils descendus dans la rue pendant 1 an ? D’abord et avant tout pour protester contre la vie chère et la baisse continue de leur pouvoir d’achat

Pourquoi la réforme des retraites a-t-elle cristallisé autant de passions, y compris dans l’électorat d’Emmanuel Macron du premier tour ? Car les futurs retraités allaient perdre du pouvoir d’achat. Plus largement, ces deux mouvements dénonçaient l’injustice, les inégalités, entre ceux qui payent toujours, la classe moyenne, et les autres.

Comment peut-on imaginer sur ce sentiment ne sera pas exacerbé par la sortie de crise du Covid, avec les bénéfices faramineux de certains (en gros les GAFAM), les dividendes qui sont toujours versées, comme les boni, notamment au patron d’Air France ( 800.000 euros ) la perte de pouvoir d’achat pour 12 millions de salariés au chômage partiel, sans parler des petits artisans et des auto-entrepreneurs, ou des précaires, grandes victimes de cette crise.

Énoncer cette mesure éventuelle relève de l’ineptie politique. Est-ce l’initiative de Muriel Pénicaud, connue pour son franc-parler parfois sans filtre ?

Est-ce la ligne choisie par Emmanuel Macron et Édouard Philippe ?

Dans un cas comme dans l’autre, si on voulait jeter des milliers de personnes dans la rue en septembre, on ne s’y prendrait pas autrement.

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Cet article a 5 commentaires

  1. Ladune

    Il faudrait que les loyers baissent.

  2. chartier

    Une intelligente utilisation du virus veut qu’on en revienne aux éléments fondateurs du capitalisme, à savoir l’augmentation de l’exploitation, donc des profits, par la baisse des salaires, et si possible création d’une grosse armée industrielle de réserve très soumise, comme les citoyens de ce pays furent soumis et consentants aux mensonges, à la peur organisée, aux manipulations de l’équipe gouvernementale sur la question de la gestion du virus….. AMC

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