Le port de Beyrouth après l’explosion catastrophique du 4 août - photo via Twitter - Tous droits réservés.

Personne n’oubliera ce qu’il faisait à Beyrouth, ce mardi 4 Août aux alentours de 18h. Comme le 11 Septembre 2001  à New York où à Toulouse  le 21 Septembre.  Comment oublier le bruit  infernal monté des enfers, et le souffle de l’explosion qui a détruit la moitié de la ville, l’équivalent de 3 kilotonnes, soit 1/5 de la bombe atomique d’Hiroshima.

Plus de 100 morts et 4000 blesses pour ce bilan provisoire qui devrait s’alourdir au regard des images terrifiantes de ces explosions sur le port de Beyrouth. Et quelle tristesse s’empare de nous en imaginant celle des libanais qui ont payé le prix fort en ces années 2019/ 2020 : crise économique sans précédent, effondrement de la livre libanaise, contrôle drastique des banques fragilisées à l’extrême, soulèvements sociaux, épidémie meurtrière de covid et aujourd’hui, cette explosion qui laisse 300.000 personnes, hébétées, traumatisées et sans logement. Le Liban, ce pays majestueux, mélange de douceur et de rugosité altière, paradis méditerranéen, célébré pour sa beauté, la fiabilité de son système bancaire, la force de son tempérament collectif, transformé depuis des décennies en champs de guerres civiles et de ruines économique et politique, ce Liban a besoin de nous. La guerre civile, qui a ensanglanté le pays, même au plus fort des combats, n’est pas parvenue à détruire autant que l’explosion d’hier. Même les plus vieilles maisons de la ville, qui avaient résisté à tous les bombardements de tous les combats, sont tombées hier. Le symbole d’un pays fragilisé socialement, financièrement et au chevet  duquel le monde accourt. 

La France, en premier lieu, dont les liens avec le Liban sont éternel et fraternels: 2 avions militaires et 6 tonnes de matériels de première urgence sont en route. Emmanuel Macron se rendra au Liban jeudi pour « rencontrer l’ensemble des acteurs politiques ». Israël, l’ennemi juré, accusé des les premières minutes, d’être derrière cette explosion, et disculpé dans la foulée, Israël envoie de l’aide par les canaux internationaux, aide acceptée malgré la haine que se vouent mutuellement l’État hébreu et Hezbollah, qui dirige en partie,  officieusement le Liban.  

Les USA se déclarent également prêts à aider le Liban après “ cette attaque terrible “ selon les mots de Donald Trump, suggérant ainsi l’idée d’un attentat alors que la thèse de la négligence dans le stockage des 2700 tonnes de nitrate d’amonium, semble privilégiée par les autorités. Le president Michel Aoun a d’ailleurs exigé une enquête sur toutes les responsabilités dans le stockage de cette matière, un stockage qui avait fait l’objet de plusieurs rapports  des Agences de sécurité intérieure.

L’ONU va également envoyer de l’aide humanitaire, d’autant plus expressément que plusieurs soldats de la FINUL, la force onusien d’interposition basée au Sud Liban, ont été blessés dans cette explosion. 

Partout, les messages de solidarité et de propositions d’aides affluent. Hier soir, le drapeau libanais a été projeté sur la grande pyramide de Gizeh et sur la tour BurjKhalifa aux Émirats Arabes Unis en hommage aux victimes de la catastrophe. 

Il faut désormais reconstruire. Les dégâts sont estimés de 3 a 5 milliards de dollars. Il est évident que cette reconstruction passera  par une aide internationale, le pays étant quasiment exsangue économiquement. Incapable de sortir de la guerre des clans et des religions alors que le système politique est censé assurer la représentation de toutes les communautés sunnites, chiites, chrétiennes et druzes. Malheureusement, à l’épreuve du réel, ce système s’est transformé en partage pur et simple de territoires et de business entre clans, anciens chefs de milices, dont la seule visée consiste à préserver ses avantages au détriment d’un peuple qui subit inlassablement toutes les souffrances de la guerre, de la corruption, et aujourd’hui d’une catastrophe aux causes encore mal cernées.

Voilà pourquoi ce désastre d’hier doit provoquer un élan et solidarité internationale sans précédent pour aider ce pays clé, carrefour stratégique et culturel dans ce proche orient complexe, a se reconstruire et à prendre enfin un nouveau départ, à la hauteur de son histoire, de sa beauté et en s’émancipant de toutes les rivalités étrangères et religieuses qui le gangrènent depuis tant d’années .

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