Joe Biden et Kamala Harris lors de leur discours de victoire le 7 novembre 2020 - capture video.
Joe Biden et Kamala Harris lors de leur discours de victoire le 7 novembre 2020 - capture video.

Non nous ne sommes pas des midinettes, encore moins des naïfs. Oui, nous connaissons la force et les limites de tous les discours politiques, prononcés dans la sincérité et l’euphorie d’une victoire, surtout lorsqu’elle est arrachée de haute lutte. Mais, mais, que les mots de Joe Biden et Kamala Harris nous font du bien ! 

Nous émergeons, encore sonnés, mais les américains plus encore, de 4 ans de bruit et de fureur, de mensonges et de provocations épuisantes, de discourtoisie érigée en arme politique et de clivage, d’indifférence à tout ce qui n’est pas son camp, si ce n’est son clan. Nous émergeons de 4 ans de présidence Trump dont on se demandait si elle durerait comme l’hiver au Canada. Eh bien non !
Qu’il trépigne, qu’il recourt, qu’il éructe, c’est bel et bien terminé et ça nous repose tellement. Les mots simples prononcés cette nuit par Joe Biden “ je serai un Président qui unira”, ceux de Kamala Harris, première femme Vice Présidente, qui a dédié sa victoire à sa mère et à toutes les femmes noires, asiatiques, européennes, qui ont trimé pour ouvrir le chemin, ces mots merveilleux, pleins de cette sincérité de fin de campagne, de victoire, qui évoquaient la guérison, les ailes des anges et la force de l’union, tous ces mots ont l’effet d’un baume enfin appliqué sur une plaie ouverte. Hier, en refermant la page Trump, nous avons eu le sentiment que le rêve américain, dans ce cauchemar sanitaire, pouvait à nouveau commencer à revivre, que ce pays gigantesque, fracturé mais capable de se mobiliser, quelle que soit sa couleur politique, pour faire vivre sa démocratie, que ce pays avait encore quelque chose à nous dire, quelque chose de différent que les bouderies, les éclats, la fureur que nous aura infligé Donald Trump pendant 4 ans. Et s’il faut reconnaître au Président sortant une réussite économique, l’histoire retiendra qu’il jouait ostensiblement au golf lorsque la victoire de son adversaire a été reconnue et que sa seule réponse fut une nouvelle bordée de tweets, destinés à entretenir la flamme de ses supporters.  La stratégie du bras d’honneur jusqu’au bout.

La chute de Trump sonne aussi comme un avertissement pour tous ses adeptes, en Europe et dans le monde. Je veux parler de tous ceux qui l’ont érigé en héros dans un monde où il n’y aurait que des dirigeants couchés, sans c…., pour reprendre les mots fleuris de ses adorateurs. Un monde où le virilisme est érigé en rempart contre toute forme de progrès, toute forme d’élargissement des droits. Un monde beuglant, pratiquant les coups de poing politiques et la schlague pour marcher droit. Les USA ont mis fin a un pouvoir nationaliste et laid. Et ce premier domino qui tombe pourrait marquer le ralentissement, si ce n’est l’arrêt, des duplicata imparfaits dans le reste du monde.  

Bien sûr, Joe Biden et Kamala Harris sont au pied de l’Everest mais ils ont, au moins dans les mots, le désir de l’escalader en permettant au plus grand nombre de les suivre, sans discriminations de race, de religion, de statut social.

Bien sûr, Donald Trump va tenter de dynamiter, aussi sévèrement qu’il le peut, cette transition et abîmer au maximum ce ticket avant même son entrée en fonction. Mais les mots d’hier, apaisants, emphatiques ont la vertu d’exister et de servir de premières marches dans l’ascension qui attend les USA. 

Bien sûr, ils n’ont pas la vertu d’arrêter la tempête sanitaire et sociale qui s’abat sur le pays et, plus largement, sur la planète, mais ils représentent une petit flamme encore vacillante mais qui s’allume de l’autre côté de l’Atlantique et nous éclaire un peu. 

C’est déjà énorme et c’est certainement la raison pour laquelle cette élection a suscité tant d’intérêt à travers le monde. 

Quant à Donald Trump, dont on peut mesurer le désarroi car toutes les défaites sont douloureuses, il a désormais le choix : sortir par le haut ou mener une guerre totale qu’il a peu de chance de gagner, en sortir un peu plus abîmé encore, effaçant ainsi l’engouement de 2016 et les 70 millions de voix qui se sont portées, cette année, sur son nom

Vae Victis. Malheur au vaincu. Même lui ne peut pas échapper à cette règle. 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    J’espère que vous avez raison et que cette droite radicale et omniprésente dans les médias sera un peu échaudée par la chute de Trump… mais je crains que ce ne soit pas le cas.

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