Montage via ProfToujours sur Twitter.

Entendons nous bien. Tout le monde a le droit de passer ses vacances où il veut, même en étant ministre, et à fortiori, en restant joignable et à deux heures de Paris, ce qui était le cas pour Jean Michel Blanquer. Mais l’information sortie par nos confrères de Mediapart met en lumière un problème double. D’abord , et sans fausse candeur, il y a un étonnement de notre part. Comment prolonger ses vacances jusqu’au bout quand on est ministre de l’Éducation nationale et qu’on a une rentrée menacée par un tsunami épidemique nommé Omicron. Que l’on se repose est une chose mais ne même pas être à son bureau deux jours avant cette rentrée et révéler, depuis son lieu de vacances, le protocole sanitaire, si complexe, si pénible à mettre en place voilà qui frise le « je m’en foutisme » pur et simple.

Que dirait le professeur Jean Michel Blanquer si l’un de ses élèves se comportait de cette manière dans sa classe ? Il lui mettrait une colle à minima, dehors au maximum. Je viens d’une famille de professeurs. J’ai toujours vu mon père, proviseur, écourter nos vacances pour préparer minutieusement la rentrée scolaire de son établissement. Il n’était pas le seul dans cet état d’esprit. C’est une conscience professionnelle plutôt fréquente dans l’éducation nationale, contrairement à la légende perpétuée par ce gouvernement, la droite et l’extrême droite. Heureusement qu’aucune photo n’est sortie pour lui car, même si nous ne sommes pas dans un cas de figure aussi dramatique, le polo et le teint hâlé de Jean-François Mattei, ministre de la Santé et répondant sur la canicule meurtrière en 2003, depuis son lieu de vacances, avait signé son arrêt de mort politique. Il sera remercié lors du remaniement suivant en 2004.

Et l’on en vient au deuxième point : l’effet ciseau, meurtrier en politique.  Lorsque le symbole vient détruire le discours politique. C’est bien sûr l’affaire Pénélope et les costumes qui brisent l’image d’un François Fillon qui a toujours fait de la morale son cheval de bataille politique. Ce sont des homards qui cassent l’image de François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, qui lui aussi a gagné avec Emmanuel Macron sur le slogan du “nouveau monde” et de la moralisation de la vie politique. Quoi de plus ancien monde, ancien régime, que ce type agapes ministérielles. En pleine pandémie, alors que les professeurs et les parents d’élèves galèrent pour maintenir l’école ouverte coûte que coûte et pour appliquer ce protocole tellement bien ficelé, tellement bien travaillé qu’il a été changé 3 fois, cette information révélée par Mediapart fait mal à Jean Michel Blanquer, déjà accusé d’être arrogant et intraitable dans les “non” négociations. Elle fait doublement mal, parce qu’elle renvoie une forme de paresse intellectuelle et elle nous vient d’un lieu, Ibiza, magnifique, il faut le dire, mais associé immédiatement à la fête perpétuelle, à la jet set et au farniente. Dans une France qui grelotte et qui est plutôt rabougrie, renfrognée par le virus et l’avenir, ce lieu de villégiature agit aussi comme un double effet ciseau qui nous parle de plaisir, de farniente, de jouissance de la vie là ou les profs, les parents et les enfants ont plutôt le sentiment de ramer. On imagine Emmanuel Macron furieux contre ce ministre car toute faute majeure d’un membre du gouvernent ou de la majorité, compte double dans le money time de la présidentielle, dans lequel nous entrons.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Courtial

    Dans la même veine que le séjour à la Mongie du couple Macron pendant la crise des gilets jaunes.

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