Carole Delga, alors ministre - Photo Benjamin Pasquier - Creative Commons.
Carole Delga, alors ministre - Photo Benjamin Pasquier - Creative Commons.

Du haut de son pouvoir régional, la présidente socialiste de la région Occitanie le dit sans ambages, « j’ai plus de pouvoir qu’un ministre » ! Candidate à sa propre succession, Carole Delga affiche une insolente confiance en elle, en son bilan, en ses équipes. Et les sondages la confortent dans ce sentiment que la victoire ne devrait pas lui échapper. A 15 jours du premier des élections régionales, la native de Toulouse mène une campagne soft (Covid oblige), mais assez offensive pour défendre son bilan en matière de formation, d’emplois, et de dynamisme économique. De fait, l’articulation avec la région Languedoc-Roussillon ne fut pas aisée, d’autant que de ce coté-là de l’Occitanie les partis conservateurs mènent la danse électorale, à l’exception notable de Montpellier, la seconde capitale du grand espace géographique.

Cette jonction entre Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon, Carole Delga a su la mener sans encombre, permettant à sa région d’origine de garder l’Hôtel de Région à Toulouse. Il faut dire que la présidente a su surmonter des obstacles tout au long de sa vie politique et personnelle. A bientôt 50 ans, elle commence son parcours de cheffe d’un exécutif en étant élue maire d’un village près de Toulouse, en Haute-Garonne, Martres-Tolosane. Passée, professionnellement, sous les fourches caudines de l’administration, elle accomplit avec rigueur sa fonction d’attachée territoriale chargée des monuments historiques, tout en en se rapprochant du parti socialiste. De tendance volontiers vallsiste, elle s’éloigne du personnage quand son mentor revient sur sa promesse de soutenir le candidat choisi par le PS à la présidentielle de 2017. Bien calée à gauche mais sans excès, elle découvre au fil de son mandat de présidente d’Occitanie, depuis 2016, la question centrale de l’écologie.

« Pour nous, la politique c’était un truc de riches… »

Éphémère ministre de l’Économie sociale et solidaire de François Hollande, Carole Delga vit une ascension à laquelle ses origines sociales ne la prédestinaient pas. Fille d’une mère femme de ménage, elle parvient à obtenir un master de droit des collectivités locales. Plus tard, elle réussit son concours d’attachée, haut la main, qui lui ouvre les portes d’un pouvoir qu’elle va conquérir par la force de ses convictions bien ancrées : « Je n’oublie rien et je ne lâche rien » ! À l’orée d’un second mandat de présidente de région, Carole Delga se souvient encore de son enfance où le monde feutrée de la politique s’apparentait à une terra incognita. Dans une interview accordée au journaliste Thomas Thévenoud, elle confessait : « Chez moi, on ne parlait pas du tout de politique. Ma grand-mère disait : “on n’a pas les sous pour parler politique”. Je viens d’un milieu très modeste. Pour nous, la politique c’était un truc de riche. Un truc pour des gens qui avaient les moyens – nous, on n’en avait pas, donc il fallait se fâcher avec personne ».

Aujourd’hui installée dans les arcanes de ce monde longtemps si lointain, dirigeante d’une grande région, Carole Delga n’hésite plus à afficher ses idées, même les plus républicanistes. Le 26 mars 2020, au moment des réunions non-mixtes organisées par l’UNEF, retrouvant ses accents vallsistes, la présidente de la région Occitanie condamne violemment, sur tweeter, l’initiative du syndicat étudiant : « Il faut cesser de monter les gens les uns contre les autres, au risque de générer une société d’ennemis. Racisme, antisémitisme et discriminations ne reculeront qu’en rassemblant d’abord les Français sur les droits et valeurs de la République ». Une faute de goût politique pour une partie de la gauche, un gage d’universalité pour Carole Delga, héritière revendiquée de Jean Jaurès.

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