L'église avant la messe (ici en 2014 avant la pandémie) - Photo Victor Aubert - Creative Commons.
L'église avant la messe (ici en 2014 avant la pandémie) - Photo Victor Aubert - Creative Commons.

Ha bon, Attal et Dupond-Moretti ont assisté à une messe de Pâques sans masque et sans respect des règles sanitaires, serrés comme des sardines pendant quatre heures avec les fidèles du IXeme en tenues de gala, dont un collectionneur célèbre qui ressemble à Polnareff de loin, au cœur de la nef bondée ? C’est ce qu’un internaute un peu étourdi pourrait comprendre en voyant sur Twitter les messages indignés se croiser dans tous les sens, les uns fustigeant le rassemblement illégal de cathos illuminés à Paris, exactement comme si le virus n’existait pas, les autres dénonçant les agapes insouciantes des « riches » au Palais Vivienne, en loucedé et « sans CoVid » donc sans masques.

Depuis que M6 info a épinglé le dénommé PJ Chalençon et le cuisinier C Leroy via un reportage sur des dîners clandestins de la haute, et que le premier, pour se défendre, a balancé qu’il allait manger au restau en cachette avec des ministres, les Gaulois sont déchaînés. Le hashtag #OnVeutDesNoms a battu des records, poussé par tous ceux qui voient là l’occasion d’expulser leur colère contenue dans un environnement liberticide, ou encore de dire de façon parfois fleurie tout le bien qu’ils pensent de l’exécutif… depuis quatre ans qu’ils le côtoient à reculons.

PJC, fan de Napoléon, a eu beau se renier après coup et répéter, d’abord via son avocat, qu’il avait blagué, que c’était une « tempête dans un verre d’eau », un « poisson d’avril » et qu’on essayait de « lui faire porter le bouc émissaire » (sic), rien n’y fait : certains Français croient dur comme fer que leurs ministres pourraient être assez inconséquents pour s’aventurer à prendre ce genre de risque. Ils se souviennent de la sextape de Griveaux. De Castaner en train de guincher en boîte de nuit alors que, sur le terrain, les Forces de l’ordre sont encore aux prises avec les Gilets Jaunes. De Benalla, le conseiller sécurité de Macron, qui avait les clefs de l’Élysée où il faisait sa loi alors qu’il était en cheville avec un oligarque russe. Alors oui, forcément, chat échaudé. D’autant que M6 info en a rajouté une couche mardi soir en tweetant que lui avait été confirmée par d’autres sources « en off » la présence d’ « au moins un membre du gouvernement » à l’un de ces dîners. La chaîne poursuit des investigations.

L’affaire risque d’être un sparadrap de plus pour le gouvernement. Le procureur de la République a saisi la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne d’une enquête des chefs de « mise en danger d’autrui » et de « travail dissimulé », afin de « vérifier si des soirées ont été organisées en méconnaissance des règles sanitaires et de déterminer quels en ont été les éventuels organisateurs et participants ». Attal a été invité, il affirme avoir refusé. Et puis ? Et puis rien, c’est bien le problème.

Heureusement pour les ministres cités, sûrement à tort, dans cette affaire qui a tout pour buzzer, Dieu s’en est mêlé. Les images des fidèles réunis en l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, pleine à craquer, ont volé la vedette à celles des fêtards de luxe. Le prêtre sans masque a donné l’hostie de la main directement dans la bouche des communiants, raconte « Le Parisien », qui évoque également une série de baptêmes où les personnes se plongaient la tête dans l’eau d’un même baptistère, les unes après les autres. C’est un témoin « encore sous le choc » qui a envoyé la vidéo au journal. Une enquête a été ouverte du chef de « mise en danger de la vie d’autrui ». Les investigations sont confiées à la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPA). Outré, le diocèse de Paris a fait part de son intention d’« aviser les personnes responsables de cette messe » et de « donner des suites en interne ». Un ange passe.

Les Héraultais (un couple, deux amies, leurs enfants) qui ont écopé de 405 euros (3 x 135) d’amende pour avoir bu un coup rosé sur un plage montpelliéraine, eux, ont payé cash cette fantaisie, cernés par des gendarmes en configuration vigi-pirate, autre mission des militaires. Archi convivial au bord de l’eau. Mise en parallèle avec ce qui précède, cette histoire rapportée par le Midi Libre inspire logiquement des commentaires furieux, sur le thème « selon que vous serez puissant ou misérable ». Et une question : serait-il préférable de boire du vin de messe par les temps qui courent, en Absurdie ?

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Journal de la présidentielle

Lundi 19 Avril  -La « drague » sans vergogne d’Emmanuel Macron – Tout est irritant dans l’interview du chef de l’État accordée aujourd’hui au Figaro. Le moins grave

Lire plus »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.