Cathy Le Gac est infirmière à l’hôpital public depuis vingt ans. Co-secrétaire Sud Santé, AP-HP, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, elle a participé au renfort des équipes de l’hôpital Beaujon à Clichy, lors de la première vague de la Covid 19, au printemps dernier. Aujourd’hui, alors que la deuxième vague est là et qu’elle s’apprête à repartir au front, laissant ses activités syndicales de côté, elle lance un cri d’alarme….

– « Nous voulons une vraie reconnaissance et ça passe par de l’argent ».

C’est une infirmière passionnée, représentante syndicale Sud-Santé en disponibilité, elle a décidé de retourner au front dans quelques jours, comme lors de la première vague.

Impossible pour elle, de laisser ses collègues de l’hôpital Beaujon, dans la panade, car, elle l’affirme, oui la situation est grave. La deuxième vague de la Covid 19 est là. Les projections officielles de l’AP-HP sont limpides. Au 1er Novembre, il y aura 1050 patients en réanimation à Paris.

D’ores et déjà, la situation dans les services de réanimation est critique dans plusieurs hôpitaux de la capitale, Lariboisière, La Pitié Salpétrière, Avicène.

Le premier responsable, selon Cathy Le Gac, c’est le Président de la République… Selon elle, Emmanuel Macron s’est montré trop serein et n’aurait jamais dû parler du retour des jours heureux en Juillet dernier et dès le mois de Septembre, le gouvernement aurait dû prendre des mesures pour empêcher le déferlement actuel de la deuxième vague. Pour Cathy Le Gac, maintenant, il trop tard !

Mais alors, que fallait-il décider ?

Pour l’infirmière, l’erreur numéro une, c’est de ne pas avoir rendu le masque gratuit, car aujourd’hui, ce sont les populations les plus fragiles qui sont une nouvelle fois, les premières victimes de la pandémie. La preuve en Ile-de-France, c’est dans le département populaire de Seine Saint Denis que le nombre de cas de Covid-19 est une nouvelle fois, le plus important. Certes, le prix des masques chirurgicaux a diminué depuis l’été, mais il reste trop élevé pour beaucoup de familles qui préfèrent s’en passer. De plus, il en faut plusieurs par jour, pour que ce soit efficace (Un masque neuf, toutes les 4 heures), ce qui entraine un budget conséquent.

L’erreur numéro deux, c’est de ne pas avoir confiné ou imaginé des couvre-feux dès la rentrée. Le Haut Conseil de la Santé Publique avait averti et tout cela était écrit affirme l’infirmière…

– « On aurait pu décider d’un couvre-feu le soir, beaucoup plus tôt et le week-end par exemple, pour ne pas arrêter toute l’économie. Ça aurait peut-être permis de ne pas prendre la deuxième vague en pleine figure.

Nous les infirmières, nous sommes au bout du rouleau, fatiguées, épuisées……

Certes, il y a eu quelques recrutements suite au Ségur de la santé, mais au final, à l’AP-HP, il manque aujourd’hui, 350 infirmières. Le nombre de départs et d’arrêts de travail n’a pas compensé le nombre d’embauches.

Les élèves infirmiers anesthésistes vont devoir suspendre leurs études durant les deux prochains mois pour prêter main forte aux personnels soignants mobilisés dans les réanimations.

Les congés des infirmières sont supprimés, jusqu’à Noël et peut être au-delà. Certes, il y a la prime Covid (500 à 1500 euros) mais tout le monde ne l’a pas touchée ».

Alors face à cette deuxième vague, Cathy Le Gac et ses collègues réclament une nouvelle prime, d’au moins 750 euros.

Les infirmières ne penseraient donc qu’à l’argent ?

Pas d’injure réplique Cathy Le Gac.

– « Ce que nous voulons, c’est de la reconnaissance, or aujourd’hui, on n’en a toujours pas… Nous l’affirmons, conclut-elle, la reconnaissance passe par l’argent ! »

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Cet article a 2 commentaires

  1. Allgayer

    Cela suffit les infirmières, pensez donc aux autres qui bossent autant que vous !

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