Interview d'Emmanuel Macron du 14 Juillet 2020 - LCI
Interview d'Emmanuel Macron du 14 Juillet 2020 - LCI.

C’est une question simple dans cette interview fleuve de 14 Juillet. Léa Salamé y va « cash » sur la question du chantage à l’emploi de certaines grandes entreprises. Citant le cas Derichebourg, la journaliste « vous si vous étiez salarié, si votre patron venait vous dire, soit vous baissez votre salaire de 20% soit je ne peux pas vous garder, vous faites quoi ? Vous acceptez le deal ou vous dites c’est un chantage inacceptable ? ».

Immédiatement, Emmanuel Macron réfute le terme de chantage.  « Cela ne doit pas être un chantage, cela doit être le dialogue social » répond d’abord le Président. Il est vrai que ces chantages à l’emploi ont été théorisés par le Président de la République et son ex-ministre du travail. Ils les ont même « euphémisés » en parlant de modération salariale et ont mis en place les lois Macron / Pénicaud qui permettent aux entreprises de pratiquer ces chantages à l’emploi contre salaires.

« Modération salariale », « dialogue social », la charge de « novlangue » digne de George Orwell était déjà importante quand Emmanuel Macron nous a tout simplement sidéré, violemment estomaqué même : « Aucun patron ne veut que ses salariés travaillent moins, ils partagent le même risque, le patron prend même souvent plus de risques ».

Voilà une phrase qui va à nouveau alimenter le procès en déconnexion d’Emmanuel Macron. Un Président qui visiblement ne connait rien à la vie et à la gestion d’un budget familial, au point de mettre sur le même plan le risque prit par un salarié qui risque de perdre son emploi, ou une partie de son salaire et un grand patron bien doté en salaire, en stock-options et en parachute doré. Pour cela c’est une phrase qui n’est pas sans rappeler le « je traverse la rue et je vous en trouve du travail ».

Non, les salariés et les dirigeants d’entreprise ne partagent pas le même risque. Dans une entreprise, le risque est porté par les actionnaires. C’est pour cette raison que les actionnaires sont rémunérés en dividendes et en plus-value.

Mais le Président de la République ne s’arrête pas là. Il tente très maladroitement de mettre sur le même plan des baisses de salaires obtenues par le chantage au licenciement, cette « modération salariale » avec le simple « souhait » du gouvernement d’obtenir « une modération des dividendes » versés aux actionnaires. Dans un cas, la contrainte, la menace, le chantage et dans l’autre, le souhait, la demande polie. Forts avec les faibles, faibles avec les forts. CQFD.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.