Les policiers des commissariats de Lille, Roubaix et Tourcoing, jettent leurs menottes et brassards au sol - Photo Matricule007 sur Twitter

Il est devenu le maillon faible du gouvernement et à l’Élysée, on envisage aujourd’hui  de débarquer Christophe Castaner avant même de remanier l’ensemble du gouvernement.

En voulant apaiser la colère de la rue, par crainte d’un embrasement généralisé de la jeunesse, après avoir été désarçonné par l’ampleur de la manifestation en soutien à la famille Traoré, Christophe Castaner a probablement signé sa sortie du gouvernent. Car ses phrases sur l’interdiction de la clé d’étranglement et la suspension immédiate pour présomption de racisme ont déclenché un véritable cataclysme dans les rangs.

Ces petites phrases maladroites ont eu 2 vertus : déclencher la colère des policiers et ne pas calmer la colère de la jeunesse.

En regardant ces images de policiers déposant symboliquement leurs menottes, on comprend que les forces de l’ordre considèrent aujourd’hui qu’ils n’ont plus de ministre de l’intérieur. Un désaveu cinglant, médiatisé, d’une profession extrêmement exposée, mal payée, mise en cause dans les  débordements de violences lors des manifestations.

Pourtant, rarement un ministre de l’intérieur n’a autant défendu ses troupes pendant la période des gilets jaunes, a des niveaux presque grotesques, aveugles. Aucun ministre n’a pris l’engagement de payer les heures supplémentaires, il est vrai sous la pression des syndicats qui ont mis la pression, pratiquant une forme de chantage au maintien de l’ordre.

Réaction brutale d’un corps certes secoué, malmené, laissé seul face à la colère sociale mais qui a aussi commis des excès.

Et on ne peut s’empêcher d’être un peu gêné de voir cette sur-réaction sur la question du racisme. Qu’a dit Castaner hormis qu’il fallait sanctionner les actes racistes ?

En tout cas, l’Élysée est dans une impasse. On ne voit pas comment Emmanuel Macron peut maintenir en poste un ministre autant controversé, et par les manifestants gilets jaunes ou des retraites, et par les policiers également.

Aucun pouvoir ne peut accepter, sans se mettre en danger, de laisser à un poste aussi sensible, un ministre si affaibli.

Christophe Castaner, fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, a été essoré, étrillé jusqu’au bout. Sa loyauté au président doublée d’une stratégie politique et de communication souvent erratique, ne le sauveront certainement pas cette fois. Même s’il vient de s’excuser de ses propos auprès des syndicats. Une faute de plus.

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