Le professeur Djillali Annane, médecin chef réanimateur à l’hôpital de Garches, n’y est pas allé par 4 chemins ce matin sur LCI « Nous avons 15 jours pour inverser la tendance ». Sinon…? Il ne le dit pas aussi clairement mais certains de ses collègues l’affirment désormais « sinon, nous serons obligés de reconfiner. » D’ailleurs, beaucoup de municipalités ont pris le taureau par les cornes ce week-end pour éviter le pire. Le port du masque est obligatoire dans tout l’espace public à Creil, par exemple, où s’était développé le premier cluster au début de la pandémie. Mesures durcies à Marseille ou Paris. Et, à ces mesures et ces discours de plus en plus alarmistes, répondent ceux qui refusent ce qu’ils nomment une « dramaturgie ». On a bien du mal à les comprendre. Sans chercher midi à quatorze heure, oui, le masque est utile de façon très pragmatique : les gouttelettes, les miennes et celles des autres ne sont pas projetées. C’est pourtant si simple à comprendre, sans élaborer des théories complexes, philosophiques et sociétales sur « du masque, objet de privation des libertés ».

Ce débat agite tous les pays, mais il atteint en France des niveaux stratosphériques. Lorsqu’un homme comme BHL, qu’on l’aime ou pas, avec sa puissance d’influence, écrit « pour le moment l’épidémie est moins virale que sémantique (…) Le rebond n’est pas celui de la maladie mais de la peur », cette parole a du poids.

Oui, c’est le rebond de la peur mais qui n’empêche pas le rebond de l’épidémie. Comme le disait Oscar Wilde , « ça n’est pas parce qu’on est parano, qu’on n’a pas d’ennemis »

Bien sûr que les gens ont peur. À juste titre. Si le confinement a été facile pour les Français aisés, ou les happy few qui nous envoyaient des cartes postales de leur villa en bord de mer, il a été terrible pour ceux qui ont moins d’argent, vivent dans des logements exigus, sans le moindre balcon et souvent avec l’obligation d’aller travailler. Le confinement, pour eux, a tourné au cauchemar. Comme pour ceux qui ont perdu des parents, des proches, des amis. Plus de 30.000 morts, des deuils infaisables, des chagrins insondables. Et pour ceux qui en ont réchappé, de nombreuses séquelles qu’il faudra des années à réparer.

Si la peur est parfois mauvaise conseillère, elle peut être aussi un facteur de sagesse. Plutôt que de semer le doute avec de telles déclarations, qui sont légion de la part de journalistes, de politiques, d’analystes, au nom d’une supposée liberté supposément menacée, tout ce petit monde ferait mieux d’encourager le port du masque partout, afin de passer ensemble ce cap si délicat.

Et que dire de l’ambiguïté du gouvernement? Nous pouvons comprendre la volonté de ne pas dramatiser, d’essayer de garder la mesure mais il est impossible de comprendre ce retard à l’allumage, le flou des consignes, ce fameux « chacun prend sa responsabilité, élus, préfets », cette fameuse autonomie des territoires, autonomie qui se transforme aujourd’hui en grand bazar hexagonal.

Nous sommes à 15 jours de la rentrée, après un été où les Français ont choisi majoritairement de passer des vacances plus courtes dans leur pays. Nous sommes de grandes personnes, capables d’entendre, sans avoir les vacances gâchées, qu’il faut porter un masque coûte que coûte, quel que soit notre lieu de résidence. Il n’y a rien de liberticide à cela. En donnant une consigne claire, sans se réfugier derrière je ne sais quel avis médical, qui, on s’en souvient, expliquait que le masque était inutile, en donnant ces indications claires, au lieu d’attendre qu’il soit trop tard, le Gouvernement se grandirait.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Florent Rachet

    Vous racontez n’importe quoi… À votre âge, c’est désespérant.

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