Ratée, ou pour les adeptes de l’euphémisme, inaboutie.

Pendant ces deux mois où le virus aura parcouru rageusement l’hexagone, Emmanuel Macron n’est pas parvenu à trouver sa place et sa manière de parler aux Français, de leur dire son empathie, sa solidarité, son engagement à sortir le pays du chaos sanitaire et du futur choas social. Dernière démonstration en date : sa visite mouvementée à la Pitié-Salpêtrière, au cours de laquelle, il n’est jamais parvenu à faire passer son humanité, juste des explications presque techniques et budgétaires face à deux infirmières et un fermez le ban brutal  face à des syndicalistes sur la fameuse médaille.

Ce déplacement n’est que le énième épisode  d’une série de visites mal fagotées sur le terrain depuis le début de la pandémie.

On se souvient de ce bain de foule impromptu à la sortie d’un centre d‘hébergement d urgence en Seine-Saint-Denis, faisant fi des gestes barrières, on se souvient de ce voyage mutique, presque bizarre, chez le professeur Raoult à Marseille, sans oublier bien sûr, début mars, avant le confinement sa visite d’un ehpad, sa soirée théâtrale et son déplacement dans un restaurant solidaire sur les Champs-Élysées .

La liste ne serait pas complète son discours dans l’hôpital campagne de Metz et un décorum presque ridicule dans la dramaturgie et la GénéralDeGaullisation.

Autant de déplacements sans aucune valeur ajoutée, sans véritable message à la clé, sans ligne précise, alors que ses interventions télévisées , qui ont réuni des millions de français, fonctionnaient mieux.  Des visites sans but réels au moment où le Édouard Philippe  lui, multipliait les annonces et les stratégies à venir.

Un rôle habituellement dévolu au Premier Ministre, destiné à démontrer que le chef du gouvernement est le chef mécano d’un système pensé par le Président au dessus de la mêlée … Dieu en quelque sorte.

Mais cette fois, la chorégraphie si classique de la Vieme s’est retournée contre le chef de l’État. Car, en ces temps de crise, d’angoisse, de peur de l’avenir, les Français ont apprécié  le pragmatisme, la clarté, les mesures concrètes, notamment celle sur l’économie. Et le messager de ces mesures n’a jamais été Emmanuel Macron. Cette prééminence de Matignon se retrouve dans l’opinion où l’on assiste à une véritable inversion de la courbe des sondages avec l’ascension continue d’Édouard Philippe quand Emmanuel Macron stagne, rechute et remonte.

Cette situation, au delà de l’échec du président et de ses conseillers, inaptes à s’adapter à la situation, cette situation pose un véritable problème politique.

Comment liquider  un premier ministre aussi (relativement) populaire mais comment le garder, si on veut organiser  un véritable “big-bang “ selon les mots mêmes du président.

Comment surtout affronter le monde qui vient, la contestation sociale mise entre parenthèse, quand on a traversé une épidémie avec une telle défiance et sans aucun ressort pour la réparer ?

Se réinventer“, nous dit Emmanuel Macron. Mais cela commence d’abord par changer d’attitude intérieur, tenter de rediriger un lien d’humanité, d’empathie avec les habitants de ce pays, parler leur langue et pas la novlangue de la startup nation, donner le sentiment de se préoccuper de chacun… Rien  dans sa communication depuis deux mois ne laisse entrevoir cette révolution humaine personnelle. Mais sait-on jamais …

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 1 commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.