Vaccination - Photo Art Writ - Creative Commons (CC BY-NC 2.0)
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Qui faut-il croire ? Le Professeur Jean-Francois Toussaint qui signe une tribune sur internet avec 150 personnalités pour demander au gouvernement de changer de stratégie car la 2ème vague annoncée n’arrivera jamais et qu’il ne faut pas tuer l’économie ? Ou faut il croire le docteur Patrick Bouet, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, qui  estime à contrario , dans la Journal du Dimanche,  que la deuxième vague arrive plus vite que prévue et que nous ne sommes pas prêts, ni humainement ni matériellement, à affronter plusieurs longs mois d’épidémie à venir ? 
Qui croire ? Que penser ? 

Bien sûr, la controverse est utile, et la science a toujours avancé avec des controverses, des bagarres aussi médiatisées pour l’époque qu’elles le sont aujourd’hui : Louis Pasteur bagarra des années contre Félix Archimède Fouchet dont  l’histoire n’a pas retenu le nom  et ne parlons pas de Copernic, Galilée et Giordiano Bruno. La science génère des débats qu’elle tranche et grâce auxquels l’Humanité progresse. Et à son époque, le procès de Galilée, condamné en 1633  à la prison  à vie par le Pape, auquel il lance « E pur si muove » ( Et pourtant elle tourne !) eut un écho retentissant dans l’opinion publique.

De ce point de vue, la bagarre des mandarins sur nos plateaux télés n’a finalement rien d’extraordinaire, mais n’en reste pas moins troublante  car nous affrontons une maladie  que nous connaissons mal. Ce virus est retors, semble se jouer de nous, provoque des séquelles inattendues même s’il ne tue pas forcément en masse.

La course folle lancée sur les vaccins nous fait froid dans le dos. Le Royaume-Uni annonce qu’il va procéder à des tests humains, si l’agence de santé britannique donne son feu vert. Contre une somme d’argent, le prototype du vaccin sera d’abord injecté à des volontaires, puis un mois plus tard, c’est le virus qui le sera. Une méthode très dangereuse, qui brûle plusieurs étapes de tests et ne répond pas à l’éthique même si elle est prisée par les Britanniques. Ils l’ont déjà utilisée à de nombreuses reprises. Elle repose aussi sur le besoin crucial d’argent de ces volontaires et en cela, elle est révulsante. J’entends déjà ceux qui nous expliqueront que la vie est un risque et que chacun est libre de le prendre. Ce cynisme trouvera certainement preneur mais la course aux profits générés par le futur vaccin nous donne déjà la nausée, comme la campagne qui commence déjà sur le caractère possiblement obligatoire de ces vaccins. Ce conditionnement est tout aussi détestable que les dénégations radicales des mesures de prévention et de reconfinements ciblés.  Il est difficile aujourd’hui, voire impossible, de naviguer entre les deux.

La période devrait créer de la réflexion, de la pédagogie, de l’autodiscipline. En réalité, ces controverses quotidiennes et de plus en plus tranchées entre les deux doctrines génèrent surtout de la colère, de la défiance qui assombrissent notre avenir personnel et collectif. Il n’est plus possible de se projeter sereinement, même à un mois. C’est difficile pour les entreprises, certes, et cet argument économique est en permanence brandi par ceux qui veulent que l’on desserre les étaux. Mais c’est épuisant  pour les citoyens, avant tout. Perte de repères, impossibilité de se projeter à plus de quelques semaines et encore, peu de visibilité sur le budget des ménages, peur des lendemains professionnels. Tout cela crée une morosité collective, un manque d’élan, une angoisse sourde qui sont  perceptibles  à l’échelle de la planète. Et ce ne sont pas les batailles médicales  de chiffonniers et les « stop and go » du gouvernement qui seront susceptibles de ramener une sérénité pourtant nécessaire dans la période qui s’annonce. À nous de trouver les ressorts personnels, en essayant, même si ça n’est pas toujours facile, de séparer le bon grain de l’ivraie. Ce ne sera pas la première fois que les citoyens seront plus sages que ceux qui les gouvernent … et ceux qui sont censés les soigner mais qui se sont transformés, au fil des mois, en politiques plutôt qu’en praticiens. 

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