Le Pr Jean-François Delfraissy interviewé par Gilles Bouleau en mars 2020 au 20h de TF1 - Capture TV.
Le Pr Jean-François Delfraissy interviewé par Gilles Bouleau en mars 2020 au 20h de TF1 - Capture TV.

Dire que les déclarations alarmistes du Professeur Delfraissy ont jeté un froid est un euphémisme. Elles ont réfrigéré l’atmosphère encore un peu indolente de cette fin d’été.

Qu’a dit le Président du Conseil Scientifique ? Qu’au regard des chiffres de contaminations et d’hospitalisations en service de réanimation, le gouvernement va devoir muscler ses mesures, face au rebond de la pandémie, observé dans le monde entier, évoquant une courbe inquiétante et exponentielle en France.

Mais quelles mesures envisage-t-il ? Ça, il ne l’a pas dit mais on peut raisonner par déduction. Étant donné que le masque est obligatoire à peu près partout et que le virus ne faiblit pas, on peut imaginer des mesures de reconfinements ciblés, des jauges drastiquement abaissées pour les réunions, qu’elles soient familiales ou professionnelles, comme nos voisins britanniques, qui les ont autorisées hier jusqu’à 6 personnes maximum, ou des restrictions de déplacements entre départements. Un mini cauchemar qui recommencerait et auquel Emmanuel Macron a répondu sans tarder : « Oui, nous prendrons des décisions vendredi, lors du prochain conseil de défense covid mais il ne faut pas se laisser non plus dévorer par cela » sous-entendu « il n’y a pas que le covid dans la vie ».

Une réponse également très politique face à une sorte de coup de force du Conseil Scientifique, qui, en quelque sorte, semble imposer une orientation au politique. Et c’est bien le problème de cette gestion de crise : qui dirige finalement les opérations ? Les scientifiques ou les politiques ? Accuser le professeur Delfraissy de se mêler de ce qui ne le regarde pas est un peu facile. Rappelons que, pendant l’épidémie et le confinement, le politique n’a eu de cesse de s’abriter derrière le scientifique, à commencer par Emmanuel Macron lui-même ou Olivier Véran, qui évoquait les sociétés savantes pour justifier ses choix. Sur les masques, les tests, le confinement, l’hydroxychloroquine, chaque phrase commençait par « les médecins nous disent que… ».

 
Finalement, le chef de l’État s’est émancipé du Conseil, en décidant le déconfinement pour le 11 Mai. On connaît la suite : la liesse, le relâchement, le masque autrefois inutile devenu obligatoire et toujours ces zig-zags, ce manque d’anticipation, ces décisions prises dos au mur. Cela ne va pas s’arranger si les annonces de vendredi donnent le sentiment de ne pas être à la hauteur de l’alarme sonnée par Jean-François Delfraissy. Elles seront pesées au trébuchet car voilà Emmanuel Macron pris en ciseau entre l’urgence sanitaire et l’urgence économique et sociale. Laquelle est plus urgente que l’autre ? Réponse vendredi. 

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