Photo Campus France - Domaine public.
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Est-ce une maladie française ? Pas certain mais disons qu’elle a fait son nid depuis le début de la pandémie et ne semble pas en voie de guérison : la cacophonie. Regardons, goguenards, cet orchestre gouvernemental jouer sans accorder ses violons. 

D’un côté, les cordes et les cuivres, à savoir toute la citadelle de Bercy, Bruno Le Maire en tête et « ses » ministres qui, depuis 2 jours, multiplient les « solo » sur l’ouverture des petits commerces. Ils poussent, ils poussent, au point de dire, comme Agnès Pannier-Runacher « Nous sommes dans les starting-blocks ! ». De l’autre, il y a le chef d’orchestre, qui ne semble plus diriger grand-chose, et la section “percussion”, Olivier Véran en l’occurrence, qui résistent et restent arc-boutés sur le sanitaire, avec un mot d’ordre : pas question de relâcher quoique ce soit. Imaginez si vous êtes un commerçant. Qui croire ? Bercy ou Matignon ? 

C’est encore plus cacophonique sur les vacances. Le Ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari et le patron de la SNCF. disent « Nous  sommes prêts à assurer les départs en vacances ». La Ministre du travail, Elisabeth Borne encourage même les stations de ski à embaucher du personnel … quitte à recourir ensuite au chômage partiel alors que, dans le même temps, on laisse entendre que les restaurants et cafés ne rouvriront pas avant le 15 janvier, voire début février. Et quid des résidences de tourisme et des villages vacances, très prisés par les familles pour les séjours aux sports d’hiver ? 

En 48h de communication gouvernementale désaccordée, une poule n’y retrouverait pas ses petits. 

On aura bien compris que se livre une véritable bataille politique au sein du gouvernement, et que Bruno Le Maire, déjà conforté par sa gestion économique de la première vague, n’a pas l’intention de s’en tenir là. L’idée d’une propulsion / promotion à Matignon, en cas de défaillance trop grave de Jean Castex, explique aussi peut être ce bras de fer.

Il est donc urgent que le chef tranche, en l’occurrence Emmanuel Macron et que les ministres accordent leurs violons car ce qui leur a été quelque peu « pardonné » au printemps ne le sera certainement pas cet hiver, encore moins en Juin prochain, ultime rendez-vous électoral régional /départemental avant la présidentielle. Et quoiqu’on en dise, tout dirigeant a toujours un calendrier électoral en tête. Et les votes qui se fabriquent actuellement, dans le secret du désarroi des commerçants, ne sont évidemment pas des votes positifs pour cet exécutif. En 2017, Emmanuel Macron avait séduit 19% de cet électorat, à égalité avec Marine Le Pen, et loin derrière François Fillon qui avait réuni 25% de leurs voix. La gauche n’est pas loin puisqu’ils étaient 18% à avoir voté Jean Luc Mélenchon. C’est donc un électorat qui compte, qui est un véritable relais d’opinion au quotidien. Voilà pourquoi, dans cette dissonance orchestrale, on peut déjà parier que c’est Bruno Le Maire, avec ses cuivres et ses cordes, qui emportera la partition. 

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