À gauche, Jean Castex, Premier ministre. À droite, le généticien Axel Kahn (Photo Claude Truong-Ngoc - Creative Commons cc-by-sa-3.0)

C’est à y perdre son latin. Aujourd’hui plusieurs professeurs de médecine, dont Axel Khan, demande expressément au gouvernement de « siffler la fin de la récré » dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche. Ils enjoignent les citoyens d’éviter les réunions privées, dans des lieux avec un trop grand nombre de personnes, ces éléments qui favorisent la circulation du virus. Selon eux, les chiffres très dégradés (+ de 10.000 contaminations hier) annoncent des jours mauvais. Et face à la non réaction du gouvernement, qui s’est contenté, par la voix de son premier ministre Jean Castex, en gros, de rappeler les gestes barrières et d’en appeler à la responsabilité de chacun, ces médecins réagissent avant qu’il ne soit trop tard, c’est à dire avant que les hospitalisations débordent notre système de santé. Une tribune qui provoquera certainement le ricanement et la désapprobation de tous ceux qui nous expliquent que cette seconde vague est illusoire, chiffre des décès à l’appui. Certes, nous ne sommes pas encore dans le décompte macabre du printemps dernier mais dans le doute, peut-être ne vaut-il mieux pas s’abstenir pour ne pas être obligé, à l’instar d’Israël, de réconfiner l’ensemble du pays si l’épidémie devenait hors de contrôle ? 

Autre signe de fébrilité : les élus locaux qui ne savent plus vraiment à quel saint se vouer. Ils regrettent le fait de ne pas avoir de consignes claires sur les mesures restrictives, tout étant laissé au jugement des autorités locales, autrement dit des préfets et des élus territoriaux. C’est formidable sur le papier, mais dans les faits, cela promet un bien joli bazar. Comment gérer les 42 départements passés en rouge, c’est à dire ceux où le virus circule très fort, les zone à très hauts risques, comme Marseille, Bordeaux et la Guadeloupe, et les intermédiaires sans se retrouver dans un fatras de décisions variant d’une ville à l’autre, d’un département à l’autre, sans une consigne claire nationale, un cadre que le premier ministre s’est bien gardé de donner vendredi dernier ? Comment les citoyens peuvent -ils s’y retrouver ?

Entre les discours sanitaires alarmistes, les discours économiques alarmistes, les pro-masques, les anti, les « entre les deux », une poule n’y retrouverait pas ses petits ! Ce sentiment de flottement est plus dévastateur que des consignes sévères. Il euphémise le danger réel du virus, provoque un relâchement naturel et encourage les comportements à risque, l’exemple venant toujours d’en haut. Mais surtout, il ne dit rien d’un plan de bataille sérieux en cas de réelle deuxième vague, qui ferait des milliers de morts, comme au printemps dernier. Bien sûr, le gouvernement est pris en tenaille entre l’urgence sanitaire et l’urgence économique mais cet « entre deux » peut s’avérer un choix perdant / perdant, entravant la reprise économique en raison du climat d’incertitude, sans pour autant faire reculer le virus.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Doghouse Reilly

    J’en appelle à vos compétences journalistiques pour trouver une info que je n’ai pu dégoter moi même en ayant sollicité un copain membre de l’équipe de « traqueurs » covid de mon département .
    Qu’en est-il de la proportion de cas symptomatiques sur le nombre de personnes testée positive au virus ?

  2. Keller

    Bonjour, Oui avec une théorie comme la votre de prévoir le pire. Je ne comprends pas que les pesticides, insecticides, chaîne de restaurant de malbouffe ne soient pas déjà interdit…Pour limiter les décès du cancer.

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