Hôpital de La Pitié Salpétrière à Paris (AP-HP) - Photo Pline - Creative Commons.
Hôpital de La Pitié Salpétrière à Paris (AP-HP) - Photo Pline - Creative Commons.

Il y a eu la bataille des masques, le mensonge sur leur inutilité, un mensonge qui cachait avant tout leur able.

Il y a eu la bataille des tests massifs de la population, un échec flagrant, du essentiellement à la désorganisation du système et à la nature des produits. En repoussant la mise sur le marché des tests antigéniques, plus rapides, notamment en Italie depuis le début de l’été, le dépistage massif s’est transformé en bazar géant dans lequel un écouvillon ne retrouverait pas ses petits. Panique sur les test égale difficultés à enrayer la diffusion du virus égale les restrictions à venir. Car il y en aura, comme l’a confirmé hier Emmanuel Macron, lors de son déplacement dans la vallée de la Roya, dévastée par la tempête Alex. 

Mais la nouvelle bataille qui se profile pourrait bien supplanter les deux premières : c’est la bataille sur le manque de lits de réanimation. Le gouvernement en avait promis 12.000. Oui, nous avions tiré les leçons de la première vague, juré craché et on ne nous y reprendrait plus. Eh bien nous y revoilà et on nous reprend en flagrant délit d’inertie. Non, nous ne disposons pas, 6 mois après la première vague qui a ébranlé notre système hospitalier, des fameux 12.000 lits de réanimation. Nous en avons 5000. Et en poussant les murs, en repoussant les opérations moins urgentes, nous arriverions à ces fameux 12.000. Plus disent certains, à peine disent les autres. En tout cas, le compte n’y est pas ! Et nous avons même continué, depuis 6 lois, à fermer des lits classiques dans tous les hôpitaux du pays. Résultat : à la moindre secousse, et cette fois, elle paraît d’importance avec près de 19.000 contaminations en 24h, notre système hospitalier menace à nouveau de craquer. Les chiffres sont vertigineux : 40% de taux d’occupation des lits de réanimation en Île de France, avec 58% pour le seul département de Seine-Saint-Denis. Alerte rouge sur l’hôpital.

Pire : ces chiffres démontrent les inégalités territoriales. L’Ardèche ne possède que 8 lits de réanimation, et 5 sont déjà occupés, alors que c’est un département vieillissant en termes d’âge de la population. Et si le mot de reconfinement, pourtant tabou jusqu’à présent, est désormais d’actualité, c’est bien en raison de ce démantèlement, depuis tant d’années, de l’hôpital public, et, aujourd’hui, du manque d’anticipation d’un gouvernement qui semble naviguer à vue, essentiellement dominé par les circonstances extérieures.

L’opposition ne s’y est pas trompée et elle multiplie les charges contre ce manque d’anticipation et ce sentiment diffus qu’aucune leçon, ou presque, n’a été tirée de la première vague. En Mars dernier, on a confiné pour que l’hôpital tienne. Cet automne, alors que les nuages s’amoncellent sur les vacances de la Toussaint, on risque de reconfiner partiellement, pour les mêmes raisons …. Tout change pour que rien ne change.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    L’opposition multiplie les charges. Certes et à juste titre.
    Mais lorsqu’il s’agit des LR c’est risible car c’est eux avec la loi Bachelot sous Sarkhosy qui ont créé les ARS avec pour unique but supprimer des lits. ARS qui monopolisent des crédits qui seraient fort utiles pour engager des soignants.
    L’inexpérience politique tant vantée par les LREM et ses commentateurs zélés trouvent ses limites.
    =Incompétence + logiciel politique du libéralisme débridé = gestion lamentable du COVID19.
    Le comble c’est que leur manque de vision va à l’encontre même de leur idéologie car si ils reconfinent c’est l’économie qui va en prendre un coup.
    Enfin pas leurs copains puisqu’il paraît que les profiteurs de crise s’engraissent.

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