Allocution du président de la République annonçant le reconfinement "un jour sans fin". Capture Nos Lendemains.
Allocution du président de la République annonçant le reconfinement "un jour sans fin". Capture Nos Lendemains.

Nous sommes entrés dans un tunnel et personne n’est capable de dire quand nous en sortirons . C’est probablement ce qui était le plus frappant dans l’intervention d’Emmanuel Macron : des chiffres crus, durs, des projections sidérantes (400.000 morts si on ne fait rien), des mots brutaux (une deuxième vague meurtrière) et pas l’ombre d’un faux semblant dans le discours du chef de l’État et donc pas de perspectives réelles de sortie de crise . Si tout va bien, le 1er Décembre, nous deconfinerons. Si tout va bien mais tout un pan entier de ce faux optimisme a été gommé et c’est tant mieux. 

Nous entrons dans un automne hivernal et il va falloir s’accrocher, collectivement et individuellement pour tenter d’entrevoir le sortie. 

La faute à qui ? Au gouvernement certainement qui n’a pas su déconfiner, a vu la mariée un peu trop belle, le danger un peu trop vite écarté et paye sa gestion erratique et sa communication incohérente. 

La faute à tous les gouvernements qui se sont succédés et ont systématiquement réduit l’hôpital public à une gestion comptable, technocratique, le dépeçant peu à peu de tous ses atours. La réalité nous saute au visage : nous ne sommes pas matériellement capable d’affronter cette épidémie. Souhaitons que l’on en tire les leçons et que les dirigeants  à venir nous réarment pour les épidémies qui vont immanquablement se multiplier.

La faute à nous tous, qui avons relâché notre vigilance et avons bravé la bête en lui faisant des bras d’honneur : fêtes privées, terrasses bondées, apéros qui abolissent les distances physiques, transports en communs surchargés, tests et isolement ratés. Notre légèreté face à un virus, qui, la semaine précédant le deconfinement, avait fait plus de 30.000 morts, notre capacité intacte à nous comporter comme des enfants gâtés est tout simplement sidérante. 

Le rappel au règlement est rude, violent et il va faire beaucoup de morts physiques et économiques.

Il intervient après un drame national, l’assassinat de Samuel Paty, qui nous a sidéré d’effroi. C’est dire si nos cœurs, nos psyché, sont secoués, tabassés par des vents trop violents.

La France du mois de Mars n’est pas celle de ce mois de Novembre qui débute. Cette France a fait quand même des efforts, a tenté de s’adapter, a maintenu son commerce à flots, a tenté de survivre et elle reprend un coup de bâton derrière les oreilles.

Ce confinement est donc une malchance, une mauvaise fortune qui peut se transformer en bonne fortune si nous rectifions profondément nos comportements, le jour où nous pourrons ressortir de cette cage invisible dans laquelle nous enferme ce virus pervers.  Penser à protéger les autres en se protégeant soi-même, être rigoureux et stricts dans nos comportements de chaque instant, ne plus avoir le moindre complaisance pour tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui ne respectent pas les gestes barrières. 

À nos dirigeants aussi de se réformer, d’engager enfin une vaste campagne cohérente de tests et d’isolements. À eux aussi de penser à l’avenir, de nous armer à nouveau contre les menaces épidémiologiques à venir, en réfléchissant à de nouvelles structures sanitaires englobant la recherche et le traitement, de véritables pôles, à l’image de ceux qui ont été organisés dans la lutte contre le cancer. 

Que tout cela nous serve de leçons et nous permette d’appréhender le 3ieme mot de notre devise républicaine : la liberté et l’égalité sans la fraternité ne sont rien. Nous avons manqué de fraternité, de ce sentiment puissant et inexpugnable que tout ce qui touche à l’autre ne m’est pas étranger et que si j’en prends soin, je prends aussi soin de moi. Si nous l’avions profondément intégrée, cette fraternité, nous aurions mis nos masques, nous aurions cessé de faire la fête sur les plages, dans les bars et les appartements privés.

À nous de relever ce défi au sortir de de long tunnel hivernal. Aussi violent que soit un incendie, il finira toujours par s’éteindre. À nous d’utiliser cet événement comme un élan vers des jours véritablement heureux.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Mettre dans la  » faute à nous tous » , les transports bondé, les tests et le confinement ratés ne me semble pas juste.
    Penser que le covid qui a révélé de façon aveuglante ce que les soignants denoncent depuis des années, la casse d’un système de santé que le monde nous enviait, et ce aussi bien par la droite que par le PS, c’est faire preuve d’angelisme.
    Pour preuve ce Segur qui a laissé les soignants bien amers, et le nouveau tour de vis de 900 millions d’economie prévu dans le LFSS de 2021… Ce Gouvernement nous prend pour des imbéciles.

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