Jean-Michel Blanquer - Archive Europe1

Ordre-Contre ordre-Désordres. Ainsi pourrait on résumer la gestion de la crise par Jean-Michel Blanquer. Les revirements, contradictions, allers et retours  seraient trop longs à relever mais la dernière déclaration du ministre de l’Éducation nationale confine à l’absurdité.

Invité sur Europe1 pour commenter cette réouverture scolaire, que nous dit le ministre ? «Il y a plus de risque à rester chez soi qu’à  retourner à l’école ». Quel que soit le contexte, le sens profond, cette phrase est totalement inaudible.

Il fallait oser la faire, celle-là, après deux mois de confinement, de stress, de discipline, d’angoisse.
Au premier degré, et c’est bien celui qui nous intéresse, c’est bien celui qui est immédiatement perceptible, cela signifierait donc que ces deux mois de sacrifices personnels et professionnels n’auraient servi à rien. Bien sûr, ça n’est pas ce que veut dire Jean-Michel Blanquer, mais c’est ainsi que cela peut se percevoir. Comment peut on être autant bardé de diplôme et savoir si mal s’exprimer. C’est d’ailleurs une question qu’il convient de poser à la quasi totalité de de ce gouvernement d’experts.

Une phrase à l’emporte pièce, qui  caractérise finalement assez bien le ministre de l’Éducation nationale, adepte d’un parler direct, qui a globalement fonctionné durant les 18 premiers mois du quinquennat mais dont l’étoile avait déjà commencé de pâlir bien avant l’épidémie.

Un fossé si profond s’est creusé entre lui et ses interlocuteurs syndicaux, entre lui et le personnel enseignant, notamment sur la réforme des retraites et désormais, entre lui et les parents d’élèves, sur la reprise des cours, qu’on voit assez mal comment il pourrait rester à la tête d’une institution qui a besoin, plus que jamais, de dialogue, de calme, de prospective et de perspective pour s’adapter au monde qui vient.
Sa volonté acharnée d’imposer un calendrier que beaucoup d’enseignants et de parents d’élèves jugent, à juste titre trop serré voire intenable, ses zigzags permanents depuis le début de la crise, tout cela n’augure à priori rien de bon pour son avenir personnel.

Et pourtant on peut malgré tout parier qu’il restera.

Pourquoi ?
Pour des raisons qui ont finalement assez peu à voir avec la qualité de son travail à la tête du Mammouth.
Il a d’abord la confiance d’Emmanuel Macron et plus encore, de Brigitte Macron. Qui le soutient, le défend, notamment lorsque le Président prend ombrage du péché d’orgueil qui semble s’emparer de son ministre, louangé unanimement pendant de longues semaines par la presse, les Une tapageuses des hebdomadaires, les commentateurs et les sondages.

Et puis Jean-Michel Blanquer vient de la droite dure, dans  une institution réputée à gauche et qu’il faut réformer. Et même si l’idée de réforme est morte avec l’épidémie, même si nous sommes désormais dans la reconstruction ou la refondation, Emmanuel Macron  ne peut se séparer de cette figure forte qui plait à la droite, un électorat qu’il continue de soigner pour tenter une réélection en 2022. 

D’ailleurs Jean-Michel Blanquer, à ce titre, peut compter sur un soutien puissant : celui de Nicolas Sarkozy, dont on connaît l’influence sur Emmanuel Macron.

Il y a aussi ce vieux proverbe qui lui convient assez bien : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Et dans ce gouvernement peu politique, souvent maladroit, ils ne sont pas si nombreux à être suffisamment corsetés pour affronter la crise politique à venir : au royaume des aveugles, Jean-Michel Blanquer est de cela. Pour toutes ces raisons, on peut déjà parier qu’il ne sera pas balayé par la pandémie et ses conséquences politiques inexorables.

Certains le voient  même succéder à Edouard Philippe à Matignon. 
Intéressante projection, désolante pourrait-on dire car le jour d’après politique pourrait se transformer en jour d’avant ripoliné. Avec une certitude : il n’y aura pas plus de virage à gauche que de beurre en barre. Voilà pourquoi Jean-Michel Blanquer peut (presque) dormir sur ses deux oreilles.

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