Frecce Tricolori, la patrouille italienne - Photo Rob Schleiffert - Creative Commons

Ils se mettent au balcon, sur leurs terrasses, dans leurs jardins et lèvent les yeux pour voir leur drapeau se dessiner dans le ciel. Bien sûr ça n’est qu’un symbole mais les flèches italiennes, l’équivalent de la patrouille de France, ont décidé de survoler les villes du pays pour rendre hommage aux victimes du Covid19. Frissons.

En Espagne, c’est un deuil national de 10 jours qui a été décrété et a débuté hier. Drapeaux en berne sur les bâtiments administratifs et une grande cérémonie officielle se déroulera dans quelques jours (nous n’avons pas encore la date) présidée par le Roi Felipe VI.

Aux USA, le New York Times a publié à la Une 1000 noms de personnes décédées par Covid19. Les drapeaux ont été baissés sur les bâtiments fédéraux du 22 au 24 Mai.

Et en France ? Toujours rien. Aucune journée de deuil annoncée. Aucun acte symbolique. Aucun drapeau en berne. Un décompte journalier des morts par communiqué. Jérôme Salomon a disparu de nos écrans et par chance ou hasard, nous apercevons en bandeau sur nos télés, le nombre de morts …

Aucun chiffre non plus sur les soignants décédés pendant l’épidémie.

Seul Mediapart a décidé de leur rendre hommage en publiant aujourd’hui leurs histoires. Sans que nous sachions réellement combien ils sont.

En revanche, les annonces sur la reprise économique, le chômage, les ouvertures ou non des plages, tout cela envahit nos écrans, nos journaux.

Comme s’il fallait vite, vite, vite tourner la page, se projeter dans l’avenir. Comme si tout cela n’était qu’un mauvais souvenir à oublier.

Erreur totale. Nous avons vécu un traumatisme national, mondial. Les familles des victimes mettront de longues années avant de surmonter ces disparitions et les séparations physiques tragiques qui les ont souvent accompagnées. Bien sûr, il faut que la vie reprenne mais il faut aussi honorer nos morts dans cette guerre étrange, invisible, que nous avons menée et presque gagnée, collectivement contre cette méchante bête. On moquera probablement cette propension à commémorer. Et pourtant, c’est aussi ce qui fait notre humanité. Saluer nos morts, raviver notre mémoire collective pour mieux vivre encore. Avec plus de forces et de respect de la dignité de la vie.

Une journée de deuil national ne signifie pas forcément une journée de dépression collective. Au contraire, elle nous aiderait à parler du passé pour mieux parler ensemble de notre avenir.

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