Lerida, Espagne-Photo Jorge Franganillo - Creative Commons.
Lerida, Espagne-Photo Jorge Franganillo - Creative Commons.

Comme un léger frisson … Rien de terriblement angoissant mais un doute, suffisant pour nous mettre en alerte sourde. Je veux parler des nouvelles d’Espagne, qui ne sont pas bonnes.

Le cordon sanitaire installé autour de la ville de Lerida, qui compte 200.000 habitants, a quelque peu « douché » la légèreté estivale. Et nous questionne. Bien sûr, depuis plusieurs jours, nous entendons les mauvaises nouvelles venant des USA (plus de 57.000 nouveaux cas pour la seule journée d’hier), de l’Iran, de l’Algérie, qui vient de refermer ses frontières, comme l’Afrique du sud ou le Japon, qui interdit désormais l’accès de son territoire aux non-japonais, y compris les résidents qui y travaillent. Ou encore Israël ou les infections repartent à la hausse.

Ces mauvaises nouvelles nous semblaient si lointaines. L’Espagne, c ‘est autre chose. La porte à côté et la destination de beaucoup de français pour les vacances, cet été. L’Espagne, c’est aussi le pays, avec l’Italie, la Belgique et la France, qui a le plus souffert et enregistré le plus grand nombre de morts au monde, par rapport au nombre d’habitants, selon les derniers chiffres de l’université John Hopkins. Finalement, dans une sorte de calcul presque superstitieux, nous nous disions peut-être que l’épidémie avait tellement été violente en Europe du sud, qu’elle avait tellement donné sa pleine mesure morbide, qu’il paraissait presque inimaginable de la voir revenir frapper à notre porte .

Malheureusement, il faut bien constater que 6 mois après l’apparition de ce satané covid19, nous n’en avons pas assez appris pour nous payer de telles certitudes. D’ailleurs, le discours des épidémiologistes commence lui aussi à changer comme si eux-mêmes ne savaient pas vraiment non plus sur quel pied danser avec la bête qui continue de mordre. En France, tous les réanimateurs nous disent qu’ils ne voient plus de cas covid19 a l’hôpital. Mais, dans le même temps, le nombre de clusters semble se multiplier parce que nous testons évidemment beaucoup plus.

À l’évidence, les formes graves paraissent rares désormais… En revanche, le nombre de malades asymptomatiques grimpe en flèche. Dans les rues, dans les restaurants, c’est le relâchement général. Beaucoup de serveurs ne mettent pas de masques. Beaucoup de cuisiniers, malgré le caractère obligatoire, le portent sur le menton en raison de la chaleur. Les gestes barrières disparaissent peu à peu. Certes, on évite encore les grandes embrassades. Mais allez donc vous promener sur les places où les terrasses ont envahi l’espace (pour notre plus grand bonheur) et amusez-vous à mesurer la distanciation physique. Vous m’en direz des nouvelles ! Elle se réduit bien souvent à quelques centimètres.

Il ne s’agit pas de jouer les moralisateurs mais juste de rappeler que rien n’est terminé. Que la vie d’avant reste encore un rêve. Que c’est une galère de prendre un avis pour Barcelone ou Rome, que la situation semble sous contrôle mais qu’elle ne l’est peut-être pas tant que cela et, qu’à l’image de Lerida, des reconfinements partiels nous pendent au nez.

Dans l’obsession du redémarrage de l’économie, et du simple goût de la vie, nous avons tendance à nier le réel et à oublier l’essentiel. Hier, à Marseille, lors de l’élection de Michèle Rubirola, il n’y avait aucune distanciation physique ou presque. Dimanche dernier, dans les images de liesse qui nous parvenaient, des militants fêtant les vainqueurs à paris, Lyon ou Bordeaux, nulle trace de masques ou si peu. Pas plus que pour la passation de pouvoir entre Édouard Philippe et Jean Castex.

Tout cela n’encourage évidemment pas les citoyens que nous sommes à nous astreindre à ce rituel inconfortable par ces temps de chaleur. Mais peut être vaudrait-il mieux faire encore un petit effort cet été pour ne pas avoir à “ pleurer “ cet automne ?

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