Les déchirures du chômage - Photo ©️ Daniel Perron
Les déchirures du chômage - Photo ©️ Daniel Perron

En France, le nombre de demandeurs d’emplois ne cesse de progresser.

Un million de plus, d’ici la fin de l’année 2020, selon les projections. Beaucoup d’entreprises licencient à cause des conséquences de la Covid-19.

Pourtant, beaucoup de Français estiment que ce sont d’abord, les chômeurs qui sont responsables de leur situation.

Prenons, le secteur de la restauration et de l’hôtellerie, particulièrement touché par la crise sanitaire.

Selon, le point de conjoncture de l’Insee en date du 8 Septembre, 133 000 emplois ont été perdus depuis le début de l’année, malgré les aides du gouvernement, malgré la mise en place du chômage partiel. Jamais, ce secteur n’avait vécu une telle casse sociale.

Combien de cuisiniers, serveurs, réceptionnistes sont venus allonger les listes déjà bien remplies de pôle emploi ?  Leur nouvelle situation en fait elle des profiteurs de l’assurance chômage ?

Évidemment non, et pourtant, si l’on en croit le dernier baromètre sur la perception du chômage, réalisé après le confinement par l’UNEDIC, 38 % des personnes interrogées entre juin et juillet 2020 considèrent que les demandeurs d’emploi sont des personnes assistées (+5 points par rapport au dernier baromètre). 36 % estiment que les allocations chômages sont trop élevées, (+ 4 points) 35% pensent que les chômeurs sont des fraudeurs (+4 points).

Alors certes, on a tous vu l’exemple du chômeur qui profite de ses allocations pour aller se dorer la pilule quelques mois à l’autre bout du monde, sans qu’un quelconque contrôle n’ait lieu par ailleurs. Mais il ne faut pas faire d’un cas une généralité.

Dans notre pays, le chômage reste une situation subie dans la majorité des cas. Une situation difficile à vivre et à accepter.

Seules, les personnes n’ayant jamais perdu leur job peuvent se permettre d’affirmer le contraire.

D’ailleurs, beaucoup de statistiques montrent que les demandeurs d’emplois ne sont pas tous, loin de là, de vilains profiteurs du système, des fainéants en puissance. Selon les derniers chiffres de la DARES (l’institut statistique du ministère du Travail) 2,2 millions de demandeurs d’emplois travaillent, régulièrement grâce à des petits boulots ou à l’intérim. C’est la preuve, s’il en fallait une, que beaucoup de chômeurs veulent travailler.

De même, la moyenne des allocations s’établie aux alentours de 900 euros, selon l’UNEDIC. On est loin de l’image populiste du chômeur qui gagnerait des mille et des cents en se tournant les pouces !

Seuls 5% des demandeurs d’emplois perçoivent en moyenne 1750 euros par mois pendant les six premiers mois, car au moment où les discussions sur l’assurance chômage reprennent, il ne faut pas oublier que les allocations chômages diminuent désormais fortement au bout de ces six premiers mois. Heureusement toujours selon l’UNEDIC, une majorité de demandeurs d’emplois retrouve un travail en moyenne au bout de trois mois.

Le problème, avec la crise sanitaire, c’est que beaucoup n’ont pas cette chance et tombent dans la pauvreté et le RSA (Le revenu de solidarité active) attribué aux personnes sans ressources… Cette aide a bondi de près de 10% cet été, par rapport à l’été 2019.

La responsabilité des entreprises

Selon l’Unedic, 52% des Français estiment que les entreprises, les patrons sont responsables de l’augmentation du chômage, (réticence à embaucher, manque de postes à pourvoir, exigences excessives ou contradictoires de la part des recruteurs).

Et c’est vrai que dans un certain nombre de cas, la crise a bon dos.

Combien de patrons profitent du moment pour licencier ? L’exemple le plus frappant est sans doute, la grande distribution.

Rappelons les 1500 postes supprimés par Auchan alors que la marque et ses concurrentes se sont enrichies pendant le confinement. 1500 postes supprimés, alors que les salariés ont été sur le pont pour faire tourner les magasins durant cette période.

Mais, il n’y a pas que cela. Beaucoup de services des Ressources Humaines des entreprises n’ont que faire des candidatures des demandeurs d’emploi qu’elles reçoivent. Dans la plupart des cas, elles ne répondent pas aux chômeurs qui les courtisent et quand elles répondent, c’est souvent pour dire :

-Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre entreprise, mais nous recherchons, un candidat plus junior, ou plus sénior, ou plus ceux-ci, ou plus cela … etc.

Bref, l’expérience ou la qualification ne sont pas les premiers critères. Parfois, le patronat français donne le sentiment de vouloir utiliser avant tout le stagiaire ou l’apprenti, pourvu qu’il soit mal payé, pourvu que l’État (complice) finance la formation. La raison qu’il invoque est toujours la même : les salaires coutent trop cher à l’entreprise.

Rien ne prouve quand on regarde l’exemple allemand, par exemple, que charges moins élevées, signifie meilleure fiche de paye.

Et la responsabilité des politiques dans tout ça ?

Toujours selon l’UNEDIC, 67 % des Français estiment que l’augmentation du chômage est non seulement due à la crise sanitaire actuelle, mais aussi aux choix politiques qui sont faits par nos dirigeants ou leur impuissance à agir sur des situations spécifiques notamment la délocalisation des entreprises à l’étranger.

Et si l’on voulait être cynique, on pourrait même imaginer que cette crise est considérée comme une aubaine par certains politiques, qu’il s’agisse du gouvernement ou des opposants qui se verraient bien jouer les sauveurs en 2022 en administrant un remède au mal qu’ils ont contribué à aggraver, années après années, gauche et droite confondues ?

Ah pardon, je dérive, je divague …Le complotisme me rattrape … Enfin, peut-être pas tant que ça !!

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