Gérald Darmanin, invité d'Europe 1, jeudi 16 juillet 2020 - Capture vidéo.
Gérald Darmanin, invité d'Europe 1, jeudi 16 juillet 2020 - Capture vidéo.

Gérald Darmanin s’attendait à tout, sauf à la charge de Rachida Dati. Qui en 48h, est devenue le fer de lance de la bataille lancée contre le ministre de l’Intérieur. Facile de s’en prendre aux féministes en les caricaturant, en les traitant d’hystériques gauchistes. Plus difficile de s’en prendre à Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, qui, forte de sa bonne performance électorale à Paris, retrouve une voix qui porte. Et dans cet enchaînement de réactions, de manifestations et de défense, la suite est mal engagée pour lui.

 En une semaine, il y aura donc eu l’intervention d’Emmanuel Macron, de Jean Castex et hier, d’Eric Dupond-Moretti pour défendre et répéter à l’envi le même argument : la présomption d’innocence. 3 des plus importants personnages de l’État volant à la rescousse d’un ministre nommé il y a à peine 10 jours : l’addition est déjà très lourde pour le Chef de l’État, à la reconquête du régalien qu’il n’a jamais vraiment maîtrisé . Le sol semble à nouveau se dérober avec cette faute politique qui a consisté à nommer Gérald Darmanin à une fonction si sensible et un rouage si essentiel de l’État de droit.

Combien de temps peut durer cette bataille rangée ? Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur n’est plus audible sur ses sujets, malgré la multiplication de ses déplacements. Que retient-on de ces dernières 48h ? Une seule phrase « chasse à l’homme » prononcée sur Europe 1. Et il en sera ainsi tant que les féministes et une partie du monde politique ne lâcheront pas. Tant que la justice ne sera pas passée. Mais le mal n’est-il pas déjà fait, quelle que soit l’ampleur des manifestations ?

Gérald Darmanin a été nommé pour être opérationnel, avec obligation de résultats dans un domaine où tout est globalement allé à vau l’eau depuis 3 ans : malaise grandissant des policiers, dérives dans le maintien de l’ordre, mainmise des syndicats les plus radicaux, lien aux citoyens dégradé. Darmanin, comme ses collègues ministres, n’a pas 600 jours devant lui, mais plutôt 400 si l’on considère qu’à l’automne prochain, nous serons déjà sur le toboggan de la présidentielle. De plus , il y aura eu, entre temps, des élections régionales et départementales. Il lui reste donc peu de temps pour remettre de l’ordre alors que ses premiers pas sont accompagnés par le désordre des soupçons qui planent sur lui. Sans préjuger de la réaction des Français découvrant la personnalité de ce ministre qui a plutôt bien réussi au budget mais qu’ils ne connaissaient pas vraiment.

Tout cela laisse augurer des temps difficiles pour le ministre de l’intérieur qui est littéralement entravé dans sa fonction. Nommé à un autre poste, un ministère du travail élargi par exemple , l’effet aurait été moins retentissant. On ne pourra pas s’empêcher de se demander quelle mouche a piqué Emmanuel Macron et surtout quel vide accompagne le Chef de l’État, au point que personne, ni un conseiller, ni un ministre ami, ne l’ait prévenu de la suite logique d’une telle nomination.

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