Édouard Philippe - - Conférence de presse Déconfinement, TF1.

Une France « divisée en deux »

Contraste. Emmanuel Macron en bras de chemise et en roue libre, hier, un brin euphorique pour présenter son plan culture, se caressant la houppe et se grattant le bras gauche entre deux envolées lyriques importées de l’univers des « utopies concrètes ».
Édouard Philippe en costume et sobre, aujourd’hui, pour expliquer aux Français à quelle sauce ils vont être mangés, dans le cadre d’un déconfinement redouté autant qu’attendu, décidé par le Président, mis en musique par son Premier ministre, qui aurait aimé davantage de temps.
Il se fera « doucement mais sûrement » sur tout le territoire à partir du 11 mai, confirme d’entrée de jeu le Premier ministre. Pas drôle ni fantaisiste du tout, lui, contrairement au chef, la veille. Un peu comme s’il y avait eu plus de 25.000 morts en moins de deux mois en France à cause du même vilain virus que personne n’a vu venir, qui court toujours et continue de faire des victimes.

Un état des lieux, pas une punition

Rapidement, Philippe déçoit ceux qui, loin des CHU en surchauffe, d’un personnel soignant « sur les rotules » et d’une réalité infernale, rêvaient d’une France toute verte : « Certains départements ont des résultats moins bons qu’espéré. La France est divisée en deux ».
En effet, quatre régions restent en rouge sur la carte définitive et évolutive présentée par le ministre de la Santé. C’est un état des lieux, pas une punition, pondère-t-il, pour ces zones dans lesquelles collèges, parcs et jardins resteront fermés. Chez les verts qui le seront toujours le 2 juin, on pourra « peut-être ouvrir des lycées, des cafés, des restaurants ».
Et côté tests, condition sine qua non du déverrouillage ?
« La France est prête pour tester massivement. La capacité de dépistage est dès aujourd’hui au niveau des besoins estimés. Pourtant, de la théorie à la pratique, il peut y avoir des écarts ».
Ce bémol d’Olivier Véran, qui n’a donné aucun chiffre… sauf un numéro vert réservé aux citoyens qui se heurteraient à des difficultés pour être testés, ne rassurera pas les citoyens échaudés par le manque de masques  —  obligatoires dans les transports pour les plus de 11 ans à partir de lundi — et par la polémique générée par la pénurie.

La France est prête pour tester massivement

Les grandes lignes du « processus progressif, territorialisé et réversible » avaient filtré dans la matinée, via les consignes envoyées aux préfets. Il leur est demandé, avant tout, de ne pas brusquer les maires, rouages essentiels dans le dispositif de réouverture des écoles. « Lorsqu’un maire prendra une décision de fermeture dont vous ne partagez pas le bien-fondé, vous privilégierez le dialogue et la conviction, plutôt que l’utilisation des voies de droit ». 
Peace and love, pas de vagues en attendant une éventuelle deuxième lame épidémique, exclue par certains et annoncée par d’autres. En réalité, bien malin qui peut, aujourd’hui, prévoir ce qu’il en sera. Sauf à posséder une boule de cristal. Alors chi va piano va sano. Cette incertitude explique la prudence déterminée du Premier ministre, signataire en personne de la missive adressée aux représentants de l’État

Comme une bonne odeur d’iode

Dans ce listing précis et détaillé, et dans les décisions annoncées cet après-midi par Édouard Philippe et six de ses ministres, le droit de voler comme un oiseau, mais pas au-delà de 100 kilomètres, ouvre des horizons aux habitants des zones rurales. Dans certaines régions où les GPS même les plus sympas indiquent un temps de trajet de 45 minutes pour voir passer vingt bornes, il vaut mieux être une cigogne, même si l’on n’en fait pas qu’à sa tête.
Et sinon, vamos à la playa, ou pas ? La règle générale reste la fermeture, mais le préfet pourra autoriser l’accès aux plages, aux lacs et aux centres nautiques « sur demande des maires et sur présentation d’une réglementation et d’un cahier des charges », a détaillé Édouard Philippe. Comme une bonne odeur d’iode sur laquelle pourront surfer les espoirs atlantiques et méridionaux.  

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