Manifestations pour l'Hôpital et les soignants, 14 février 2020 - Photo ©️ Daniel Perron

Témoignage de Valérie Gayole, aide-soignante auprès des personnes âgées Loures Barousse, dans les Hautes Pyrénées. Nous l’avions suivie dans son travail pendant l’épidémie. Nous la retrouvons, très attentive aux négociations du Ségur de la santé.

Ouf ! Ça y est, on y est.

Quelque chose se passe.

Depuis le 25 mai une commission SANTÉ se réunit pour 50 jours, afin de trouver des solutions.

300 chercheurs quoi !

En tant qu’aide-soignante, je n’ai pas été consultée sur les sujets traités, je nai pas choisi mes « avocats » qui sont sensés connaitre notre travail.

Les métiers de soignants sont des microcosmes variés, détaillés et rigoureux. Comment régler 20 ans de dépeuplement du personnel, de gel des salaires et aujourd’hui, par de mauvaises conditions de travail, comment effacer le dégoût des professionnels ?

Car aujourd’hui on démissionne de la fonction publique hospitalière ou d’établissements privé. En effet un nombre important de soignants tombent sous les coups. Burn out, suicides, dépressions sont monnaie courante et je passe sur le fait que cette maltraitance institutionnelle fait des ravages dans nos relations familiales.

Après avoir exploité, sous le parapluie de notre abnégation, notre dévouement, nous voici à la merci d’une poignée de professionnels qui, sans aucun doute ne feront pas le poids devant les arguments économiques de la majorité en place.

Il faudra sans aucun doute affiner, régler et revoir les nouvelles dispositions validées lors de ce groupe de travail et le revoir au fil des mois, des années. Telles les prises en soins de patients : recueils de données, états du jour, objectifs, actions, résultats.

Pourquoi un Ségur dans l’urgence ? Pour réellement améliorer cette branche ou garantir une paix sociale d’après déconfinement ?

Je n’ai plus beaucoup confiance et je m’insurge des politiques qui décorent à tour de bras. Je ne veux pas d’une carotte quand on me doit beaucoup plus.

Faisons les comptes concrètement. Cet exemple vaut pour quantité de mes collègues hommes ou femmes.

+ Aujourd’hui il manque sur nos payes une revalorisation du taux horaire. Avec l’augmentation des produits de 1ere nécessité dans les supermarchés, les achats, pour une famille de trois personnes, s’élèvent à 800€ mensuel. Quand on perçoit un peu plus qu’un smic. Il faut aussi déduire le prêt éventuel de la maison 600€, ou le loyer, prêt de la voiture 150€, la mutuelle santé 160€, la cantine, le bus scolaire, l’assurance voiture, L’électricité, l’eau.

N’oublions pas les incontournables consultations dentistes, généralistes et médicaments, dont les remboursements se réduisent comme peau de chagrin.

À tout cela, il faut rajouter la taxe foncière, l’assurance habitation, l’impôt sur le revenu.

Total mensuel : plus de 2000 € de charges  

Comment doit-on faire avec une rentrée de 1400€ ?

J’ai obtenu un diplôme appelé ASG (Assistant de Soins en Gérontologie) et je n’ai jamais été rémunérée pour cette spécialisation. J’ai pourtant travaillé seule pendant 4 ans à l’épanouissement d’un accueil de jour thérapeutique avec 12 patients atteints de démence.

Combien de mes collègues sont dans mon cas ?

Comment 50 jours peuvent tout changer ?

Doute, lassitude et colère sont les adjectifs que j’emploierais pour synthétiser le sentiment de tout mes anciens et actuels collègues.

J’entends souvent les soignants se plaindre du manque de considération de la profession et du ministère de la santé et de la solidarité.

Aujourd’hui la santé de la Santé va mal.

Les soignants baissent les bras, les cadres poussent comme des champignons et sont des comptables. L’hôpital est déshumanisé et c’est grave car l’humanité, c’est l’essence même de cette profession.

Alors arrêtons de sacrifier tout un modèle de santé et créons des embauches bien considérées afin d’apporter, en toute quiétude, tout notre savoir-faire, à notre patientèle.

Indignez-vous de payer des mutuelles de plus en plus onéreuses, indignez-vous de ne plus avoir les meilleurs services de soins.

Indignons-nous.

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