Manifestation des Gilets Jaunes du 19 janvier 2019 - Photo ©️ Daniel Perron
Manifestation des Gilets Jaunes du 19 janvier 2019 - Photo ©️ Daniel Perron

C’est peu de dire que cette conférence sociale est cruciale.

Peu de dire qu’Emmanuel Macron et les partenaires sociaux sont attendus au tournant par les salariés.

La phrase de Muriel Pénicaud, sur la baisse éventuelle des salaires, a crée le trouble.

Phrase d’autant plus inaudible que l’actualité nous offre des contre exemples intolérables. Baisser les salaires alors qu’Air France reçoit 7 milliards de prêt garanti, annonce 6000 à 10.000 licenciements et que, dans le même temps, le PDG Ben Smith va toucher son bonus de 800.000 euros ? La France, actionnaire à hauteur de 15%, a voté ce bonus sans rechigner, alors que les néerlandais de KLM ont refusé.

Baisser les salaires alors que Renault annonce des licenciements, tout en touchant 5 milliards de prêt ? Si l’usine de Maubeuge s’est sauvée jusqu’en 2023, celle de Choisy sera sacrifiée alors qu’elle a reçu en 2014, le prix de l’excellence environnementale ?

Baisser les salaires alors que 12,5 millions de salariés au chômage partiel ont perdu 16% de leur revenu, ce qui fait en moyenne 415 euros ?

Tout cela n’est pas audible, d’autant moins que le chômage galope et que la mesure de hausse sera vécue comme un chantage à l’emploi.

Un chômage a deux vitesses : il y aura le visible et l’invisible :

D’un côté, les grands plans de licenciements des entreprises du CAC 40, ces plans qui frappent les esprits.

Mais de l’autre, ceux qu’on ne voit pas : les intérimaires, les auto entrepreneurs, les petits artisans ou les PME. A l’image de l’usine de Toury, en Eure et Loir. Les ouvriers ont travaillé au front pour fabriquer du sucre et des gels hydro alcooliques et se retrouveront au chômage le 30 juin car l’entreprise met la clé sous la porte. Une désolation.

Il va pleuvoir des plans sociaux. Face à cette situation, que fera Emmanuel Macron ?

Poursuivre dans la logique de l’état providence ? Du « quoiqu’il en coûte », c’est à dire accompagner jusqu’au bout les entreprises, rentrer également au capital de certaines pour les aider à passer le cap ?

Ou bien sera-t-il dans une logique libérale, avec un discours qui fleurit partout dans le champ médiatique et politique « L’État a beaucoup fait pour vous. A vous de rendre à l’État en donnant des jours de vacances et en baissant vos salaires ».

 Attention danger : les annonces à suivre vont désamorcer ou amorcer la bombe sociale à retardement.

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