Emmanuel Macron, Commémoration des combats de Montcornet. Capture Nos Lendemains.

Souvent, Twitter a du génie. Ce matin, alors qu’ Emmanuel Macron faisait son discours au milieu de nulle part, célébrant la France unie, les légendes des images pleuvaient : « La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf », ou «  On lui a dit que le costume était trop grand ? » ou, plus drôle encore, la photo du chef de l’Etat, planté au milieu d’un champ et cette  phrase drolissime « au loin, les éoliennes, et sur l’estrade, le vent ».

C’est dire à quel point ce déplacement, le premier qui n’est pas consacré au covid-19, depuis le début de la pandémie, c’est dire si ce déplacement est tombé comme un cheveu sur la soupe.

Non pas que les réseaux sociaux soient la France, mais ils indiquent une tendance réelle de ce que peut percevoir l’opinion.

En l’occurrence, une mascarade au sens premier du terme, ce divertissement italien, à l’origine, où les aristocrates jouaient des scènes de la mythologie, dans une feu d’artifice de poésie, de danse et de musique. Aujourd’hui, c’est donc bien à une mascarade gaulliste à laquelle nous avons assisté.

Tout a été dit sur ce déplacement à Montcornet : le choix d’une défaite du colonel  De Gaulle , qui fut, nous dit on, fondatrice de son destin. Avec cette phrase, évidente au premier chef, mais finalement assez mystérieuse « Il est des défaites qui portent en elles les germes d’une victoire ».

De quelle défaite parle-t-il ? Celle du monde face au virus ? Sa défaite personnelle à réconcilier les Français ? La défaite économique à venir ? Quel étrange langage. Quelle étrange posture. Quel élan veut-on donner à une nation qui va souffrir mille maux économiques à venir en allant célébrer un lieu où l’armée française s’est fait laminer par les Panzer Divisions nazis!  Célébrer une défaite passée comme une victoire à venir alors que l’épreuve économique majeure est  encore devant devant nous. C’est à ni rien comprendre. Célébrer 1940 alors que nous sommes peut être en 1929, voire en 1933.

Au delà de la bizarrerie du lieu et des dates historiques,  nous avons eu droit à la découpe de notre tranche de mythe avec le discours amphigourique d’usage. Aussi  grandiloquent que  confus.

Que veut dire la France Unie, qu’Emmanuel Macron tambourine depuis le début de l’épidémie et qui sonne comme un slogan de campagne pour 2022. 

Que signifie ce slogan dans la bouche d’un président qui n’a strictement rien compris aux fractures françaises, les a aggravées et a dû être poussé dans ses retranchements politiques et physiques ( son déplacement à la préfecture du Puy-en-Velay) pour réagir et administrer les premiers médicaments dans la fièvre « Gilets jaunes ».

Que peut bien vouloir dire cette mascarade gaullienne de la part d’un président qui se contente, mois après mois, d’incarner la France qui va bien, la France de l’élite, la France du pouvoir d’achat, la France qui voyage, la France des startups et des cols blancs ambitieux, la France du volontarisme un peu niais « si on veut, on peut », la France des certitudes technos et de la froideur arrogante  de ceux à qui tout semble réussir.

De Gaulle incarnait toute la France. Il est entré  dans l’histoire dans des circonstances exceptionnelles, une guerre mondiale,  avec les millions de morts, la Shoah, le cortège de massacres, et tout cela, malgré le drame épidémique, les morts, les angoisses, n’a quand même rien à voir avec la pandémie actuelle.

De Gaulle incarnait aussi le Conseil national de la Résistance, cet alliage unique, historique, forgé dans des épreuves communes  pour faire repartir la France, recréer du progrès, de la richesse, et surtout une protection pour tous.

Il n’y a ni l’esprit, ni la lettre dans la stratégie politique et économique  d’Emmanuel Macron.  Il y a les mots, bien sûr, les éléments de langage, comme aujourd’hui à Moncornet mais rien de plus.

Depuis 3 ans, ce gouvernement s’ingénie à détricoter, détruire, harceler, culpabiliser et au final éteindre tout esprit de justice pour tous, de progrès social pour tous , au nom de cette règle libérale perverse et détournée de la réussite individuelle coûte que coûte .

Une mascarade gaullienne qui ne date pas d’aujourd’hui et se niche dans les moindre détails : la petite photo posée sur son bureau, la Croix de Lorraine ajoutée à l’emblème de l’Élysée, ses discours enflammés pendant sa campagne présidentielle sur ce De Gaulle ni de droite ni de gauche, son appétit pour le langage militaire.

Un rôle écrit et interprété depuis 4 ans par  le jeune Emmanuel Macron. Qui admire sincèrement Mon général, mais aime plus encore son électorat.

Prendre les Français pour des idiots n’est pas l’apanage d Emmanuel Macron.

Nicolas Sarkozy avec sa surconsommation de communication était passé maître dans l’art du maniement de ces symboles qui sont devenus autant de grenades dégoupillées, le menant à une défaite inexorable.  Car sa volonté de se hisser au dessus de ses talonnettes en enfilant les costumes de Guy Mocquet ou de  Tom Morel, symbole d’une France courageuse et généreuse, se heurtait à son réel : un président qui aggravait les inégalités sociales et insultait une partie de la France en liant immigration et insécurité.

Mais jamais Nicolas Sarkozy n’avait poussé sa mascarade aussi loin.

Emmanuel Macron l’a érigée en chanson de geste politique. En espérant que la vision, le courage et la stratégie de réconciliation nationale se transfuse un peu …  nous connaissons tous la réponse. Et nous aurions envie de lui dire simplement ce qu’Oscar Wilde disait à ses amis : « soyez vous même, les autres sont déjà pris ».

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Cet article a 3 commentaires

  1. moyano danielle

    merci Françoise j’aime votre message Macron qui oublie volontairement qu’il a ete ministre du budget de François Hollande et qu’helas aucun journaliste ni intervenant le lui rappelle La complicite de certains journalistes est navrante

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