Vers une révolution copernicienne ? Pourquoi pas ! Avec la persistance, au long cours, de la pandémie, les habitudes de consommation des Français changent. Entre la peur des rassemblements, les déplacements limités, la redécouverte des magasins de proximité, les achats à distance ont perdu de leur superbe. A la place, des envies d’authenticité, de certification des produits achetés, quitte à payer plus chers ses courses du quotidien. Une lente évolution perceptible depuis quelques années, et que le Covid a accéléré. Une bonne nouvelle, notamment, pour les producteurs locaux et les boutiques de centre-ville impactées par les mouvements sociaux en ébullition depuis l’ère Macron.

Détentrice du monopole de la consommation de masse, les grandes surfaces sont les premières à remarquer ces nouveaux comportements d’achats, plutôt vertueux. Ainsi, selon une étude menée par l’Ipsos, dès le printemps 2020, les Français se sont portés vers des produits bleu blanc rouge à 45%, 37% vers le frais et les produits des circuits courts. Pourtant, à moyen terme, les hypermarchés devraient souffrir de ce nouveau contexte de consommation. Selon Olivier Passet, économiste, et directeur de la recherche au sein du cabinet Xerfi, « Il n’y aura pas reprise de la consommation sans réinvention de l’offre dans les rayons des supermarchés, avec des produits plus responsables, durables et solidaires. Cela nécessitera une transformation à grande échelle du secteur des services, et donc de la distribution, qui risque d’être coûteuse en temps et en emplois ».

En Occitanie, « Dans ma zone » fait la nique à Amazon

Les spécialistes du secteur anticipent les prochaines évolutions liées à la crise sanitaire. Après le tropisme d’achats en faveur des productions locales, viendra la révolution non seulement locale, mais aussi bio, non plus en périphérie des villes, mais aux coins des rues des centres urbains. Même les collectivités locales s’en mêlent en organisant les consommations de demain. Les villes, Covid-19 aidant ou effrayant, sont les premières bénéficiaires de ce retour au local, gage d’une plus grande autonomie alimentaire. Non qu’elles se substituent à la campagne, mais elles créent des liens économiques et sociaux avec leur environnement de production de proximité. Un écosystème qui va de la production à l’achat direct, et de l’achat direct au recyclage. Au final, une économie circulaire dans la cité de demain.

Ainsi, en région Occitanie (de Toulouse à Montpellier), la présidente Carole Delga a lancé un nouveau dispositif d’achat local. Son nom « Dans ma zone », un pied-de-nez fait au géant et dominant du commerce en ligne Amazon (sans droit d’auteur). Dans ma zone se fixe un objectif majeur : « Orienter les consommateurs vers des produits non alimentaires fabriqués en Occitanie, c’est la vocation de la plateforme « Dans ma zone », créée par la Région ». Gratuite, elle est ouverte aux consommateurs internautes, et l’application pour smartphones sera bientôt disponible. Depuis le 4 novembre, les fabricants, artisans et commerçants basés en Occitanie proposant la commande directe ou le retrait en magasin sont invités à s’y inscrire gratuitement. Très facile à utiliser, « Dans Ma zone » propose une recherche par catégories de produits (livres, mode, maison et la géolocalisation. Chaque fiche inclut une présentation, une liste de produits, un lien vers le site web, un contact direct avec le vendeur. Un onglet « 100% Occitanie ».

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