Le Premier ministre d'Espagne, Pedro Sanchez préside le comité de suivi de la pandémie de Covid-19 lundi 7 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.
Le Premier ministre d'Espagne, Pedro Sanchez préside le comité de suivi de la pandémie de Covid-19 lundi 7 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.

Comment exprimer, avec des mots courtois, le ras le bol que j’éprouve à écouter tous les intellectuels et les influenceurs de tout crin partis en guerre contre le masque. Bernard-Henri Lévy bien sûr mais aussi le très tempéré André Comte-Sponville, qui accuse les médias d’être responsable du climat anxiogène. Que dire de tous les twittos célèbres, comme Jean Quatremer qui, chaque jour, remettent en question tous les protocoles, se moquent et persiflent.

Soit, ils ont le droit et leurs opinions valent autant que la mienne mais peut être faudrait-il s’interroger face aux chiffres entêtants qui secouent aujourd’hui la planète : 500.000 contaminations en Espagne et 237 morts en 7 jours. Certes, on est loin du pic des 1000 morts atteints en une seule journée mais tout de même ! Qu’on le veuille ou pas, le pays, déjà l’un des plus touchés au monde par la première vague, se prépare à affronter la deuxième avec un système hospitalier à bout de souffle, des soignants épuisés et une opinion publique qui ne comprend pas, car les espagnols ont fait bien plus d’efforts que quiconque depuis 3 mois, notamment au début du semblant de rebond, cet été. La situation est si grave que la rentrée a été reportée et que le gouvernement annonce le recrutement de 39.000 enseignants pour permettre à l’éducation nationale de travailler avec des classes de 20 élèves au maximum.

Aux USA, l’épidémie se poursuit. La rentrée universitaire, dans plusieurs états comme l’Etat de Washington, sur la côte ouest, a été avancée de 1 mois et se fait en télé-enseignement pour permettre aux élèves de ne pas avoir à revenir en cours, et donc ne pas avoir à voyager, après la période de Thanksgiving. Des états comme le Montana ou son voisin, le Dakota du nord, épargnés par la première vague, enregistrent de nombreux cas depuis 1 mois. 

En Inde, même si les métros circulent à nouveau, depuis lundi, à New Delhi, le pays a passé la barre des 4 millions de contaminations, comme le Brésil (4,2 millions pour l’Inde, 4,1 millions pour le Brésil). 

En Europe, l’Italie, qui avait payé en premier le prix fort lors de la deuxième vague, semble mieux contenir l’épidémie, y compris en Lombardie. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur le « pourquoi » mais le télétravail s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui dans la péninsule, les centre villes des grandes métropoles comme Milan ou Rome se sont littéralement vidés, y compris dans les transports en commun, entraînant de fait, moins de contacts physiques et de promiscuité. 

Face à ces chiffres inquiétants, notamment ces données françaises qui marquent une augmentation du nombre d’admissions en réanimation (+46 hier) et cette épidémie qui semble hors de contrôle et pour laquelle nous n’avons encore aucun vaccin ni aucun traitement réel, est-il bien raisonnable d’entretenir le doute sur la dangerosité d’un virus qu’on a du mal à cerner et à combattre ?

 Il ne s’agit pas de sombrer dans la paranoïa mais bien de ne rien relâcher dans les moyens dont nous disposons : lavage des mains, gestes barrière et masques. Il est d’ailleurs intéressant de constater que, selon une étude de la Fondation Jean Jaurès, ce sont les cadres supérieurs et les professions intellectuelles qui sont les plus opposées au port du masques : 36% d’entre elles ! Certes, philosopher, c’est apprendre à mourir mais … le plus tard possible.

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