Bruno Retailleau au Sénat en janvier 2020 bataille contre la PMA pour toutes.
Bruno Retailleau au Sénat en janvier 2020 bataille contre la PMA pour toutes.

« On applique le principe de précaution, on s’en gargarise souvent, pour la nature. Pourquoi est-ce qu’on ne l’appliquerait pas sur la nature humaine. Je comprends où est la souffrance, je comprends le désir d’enfant. Mais il ne peut pas y avoir un droit à l’enfant, il y a d’abord le droit de l’enfant ». Fer de lance des anti-PMA, à droite, le sénateur LR Bruno Retailleau ne prend pas de gants pour décrire et condamner le projet de lois de procréation ouverte à toutes les femmes, y compris les couples de femmes.

Et qu’on ne lui parle pas de considérations bioéthiques, car en l’espèce, à ses yeux, point d’éthique dans la possibilité de procréer sans père. Mais le sacrilège vient de loin, précisément de la loi sur le PACS, en 1998. Déjà, la droite, à l’exception notable de Roselyne Bachelot, bataillait contre cette première « anormalité » qui jetait aux orties le mariage, et favoriserait les relations consanguines. 20 ans plus tard, plus de débat, y compris à droite.

Le mariage pour tous ou le calice jusqu’à la lie

Pourtant, le camp conservateur allait boire le calice jusqu’à la lie, en devant résister aux actualisations sociétales. A commencer par le mariage pour tous, une loi présentée par Christiane Taurbira, alors ministre de la Justice, en 2013. Remontée comme une pendule, la droite reprenait son bâton de pèlerin pour s’opposer à cette nouvelle remise en cause de l’ordre culturel établi. « Un couple de même sexe engagé dans la durée doit être reconnu mais pas le mariage car le mariage entraîne la filiation, la filiation ce sont les mères porteuses et je n’en veux pas ». Tonnait, à l’époque, le député LR Hervé Mariton.

Aujourd’hui, c’est la PMA qui cristallise les fureurs à droite. Pas toute la loi droite, mais celle influencée par l’égérie de la manif pour tous, Ludovine de la Rochère qui dit pis que prendre de cette technique procréation. « Ce qui est heurtant, c’est le sujet lui-même, c’est de faire naître des enfants sans pères, c’est ça qui est choquant. La PMA sans père ouvre une boîte de pandore. Pourquoi craint-on des dérives dans l’usage de ces techniques quand on se pose des questions sur environnement et pas sur l’humain ? »

Seul l’électorat de droite opposé à la PMA pour toutes

Le gouvernement oppose sa promesse d’extension de la PMA faite aux Français, lors de l’élection présidentielle de 2017, par le candidat Macron. Aujourd’hui mise au vote, dans la cadre de la loi de bioéthique, elle peut se présenter en quelques points précis. Déjà validée par le Sénat le 22 janvier, la procréation médicalement assistée (PMA) permet à un couple diagnostiqué infertile d’avoir un enfant. La loi de bioéthique étend l’ouverture de ce droit aux femmes seules et aux couples de femmes désirant un enfant.

Un grave dérapage civilisationnel pour une droite la plus accrochée au modèle de vie et de procréation familiales, d’autant qu’elle est soutenue par son électorat. Un sondage publié par Le Monde indiquait, dès le mois de septembre, le rejet que provoque l’extension de la PMA chez les sympathisants de droite. Les électeurs LR ne sont que 32 % à être favorables à l’ouverture de la PMA aux femmes seules. De même, ils ne sont que 24% à soutenir l’ouverture de la PMA aux couples de femmes. Au vu de ces sondages, la droite a beau jeu de s’opposer, récupérant ainsi un électorat conservateur parti à la dérive vers la macronie, voir si l’herbe était plus bleue… Mais LR n’est pas la France. Surtout, en contradiction avec ce parti, un sondage publié par Odoxa pour Le Figaro indique que 63% des Français se disent favorables à l’extension de la PMA pour toutes.

La messe est dite.

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