Giuseppe Conte dans la salle du Conseil - © ANSA

Depuis le début de la crise sanitaire, son taux de popularité oscille entre 60% et 70%, ce qui fait de Giuseppe Conte un des leaders le plus aimé de l’Europe pandémique.
Un avocat de périphérie, peu connu jusqu’à il y a deux ans dans les cercles du pouvoir romain et tout à fait inconnu du monde politique. Peu d’amis, mais pas beaucoup d’ennemis non plus.
Très religieux, originaire d’un petit village des Pouilles, il avait réussi à s’affirmer dans le milieu universitaire florentin, où il a obtenu son agrégation.

Un de ses élèves de Florence, d’ailleurs, a changé son destin.

C’est en effet grâce à Alfonso Bonafede, Ministre actuelle de la justice et personnage de pointe du Mouvement 5 étoiles depuis ses origines, que Monsieur Conte a commencé son escalade vertigineuse.

Au lendemain des élections de 2018, un parlement coupé en morceaux (comme cela se passe souvent à l’issue des élections italiennes), cherchait à former une majorité avec une prévalence importante du Mouvement 5 étoiles, qui était en mesure d’imposer le premier ministre.

Suite aux accords de coalition, le choix devait être fait néanmoins entre des noms de la société civile, quelqu’un de super partes qui aurait dû garantir l’équilibre entre partis profondément différents. Ce sera Giuseppe Conte.
Le premier juin 2018, jour de son investiture, Conte s’est présenté aux Italiens comme « l’avocat du peuple« , « fier d’être populiste, si cela veut dire être de la part du peuple« .

Très critiqué en début de mandat, considéré comme un pantin manipulé par ses vices (Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les leaders des deux partis menant la coalition de l’époque), personne ne s’attendait à un tel exploit dans un temps aussi court.
Les conditions ont fait leur part et ont joué à sa faveur. On dit que Churchill ne serait pas devenu Churchill sans la grande guerre. Sans vouloir pourtant le comparer à Churchill on peut se demander ce qu’a fait la fortune de cet homme.

La pandémie a instauré une nécessité, partagée par la plus grande partie des Gouvernements du monde, de parler aux citoyens avec une fréquence hors du commun. Donner des informations, rassurer, tracer l’avenir.

Cet exercice de communication a, plus que jamais, mis les personnalités des gouvernants à nu. Le travail dur, la capacité à tenir ses nerfs, l’urgence des décisions, le poids des morts, les difficultés de se partager entre les avis scientifiques et les positions politiques, se sont alternés avec l’obligation de s’exprimer, d’expliquer.

Cet entrainement n’est pas évident pour tout le monde, mais il est surement un des points fort du Président Conte.

Une attitude naturellement conciliante, une grande capacité d’écoute et à se remettre constamment en question, beaucoup de diplomatie, beaucoup de mansuétude. On dirait presque l’héritage chrétien-démocrate de la diplomatie à tout prix, le dialogue coûte que coûte, mais avec une pointe de sincérité en plus, de gentillesse.

Son calme, sa capacité de parler à tout le monde,de remercier constamment les citoyens pour leurs efforts,sa volonté de s’expliquer et de s’excuser quand il le faut,lui ont permis de prendre des décisions sans précédent dans l’histoire républicaine, des mesures très strictes,fortement limitatives de la liberté personnelle, sans pourtant être détesté.

Certes, le danger de la pandémie est un fait évident et ressenti profondément par la population, mais cela est vrai dans les autres pays aussi, où pour autant un tel état de grâce n’est pas accordéaux leaders.

En ce sens, Giuseppe Conte, est en harmonie avec l’image et la personnalité du Président de la République Sergio Matarella, avec qui il forme un duo qui garantit, dans un moment aussi difficile pour les Italiens, un certain apaisement des esprits.

Chez Conte, l’alliage de véritable humilité, le gout du dialogue et une authentique transparence ont fait merveille, tenant à distance les discours caricaturaux de l’extrême droite et le manœuvres de l’opposition.

On dit souvent que les Italiens aiment l’homme fort au pouvoir, que beaucoup trop d’Italiens non jamais quitté une certaine nostalgie du « ventennio ». Giuseppe Conte a démontré que l’homme gentil peut être aussi bien aimé que l’homme fort, tout en produisant moins de dégâts.  

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