Capture vidéo - Montage Nos Lendemains.

Peut être qu’une gousse d’ail, une Bible et un crucifix pourront faire l’affaire, à la fin, quand tous les stratagèmes, les mensonges, les délires même auront été épuisés. Car c’est bien un concert grotesque et inquiétant parfois auquel nous assistons depuis Dimanche soir. Désarçonnée par le pari gagné de Jean-Luc Mélenchon, la majorité et ses thuriféraires perdent leurs nerfs et leur sens commun. C’est d’abord Olivia Grégoire, la pauvre, envoyée au charbon de la soirée/défaite électorale, incapable d’être claire sur la ligne anti RN… quelques secondes de flottement, de malaise. Ça n’est pas elle qui est à blâmer, c’est le chef, Emmanuel Macron en personne qui ne veut pas que l’on soit clair. Il fait ses calculs. 58 duels gauche/rn, ça ne fait pas ses affaires si la gauche l’emporte. Ou est donc passé le chevalier blanc, luttant sur son destrier contre les forces de l’extrême-droite ? Nulle part. D’ailleurs, a-t-il jamais existé, autrement que pour des raisons électoralistes ? On peut légitimement se poser la question. 

Mais devant la bronca en interne provoquée par cette déclaration floue, Macron recule et revoilà la même Olivia Grégoire, au petit matin, sur RTL, affirmant que pas une voix ne doit aller au RN. C’est mieux mais c’est sans compter avec Elizabeth Borne qui remet des bémols « pas une voix au RN mais au cas par cas« . En clair , si les candidats Nupes sont de bons républicains, ça ira. Sinon, “pan pan cul cul”, pas de front républicain . A ce stade, on réalise vraiment ce qu’est la macronie : le règne de l’ambiguïté et de l’amoralité. Que n’auraient ils dit si la gauche avait agi ainsi ? Les voix de Mélenchon sont donc bonnes à prendre sans distinction pour faire élire Macron mais l’inverse  n’est pas automatique. C’est moche et tortueux mais cela s’explique car appeler au front républicain, c’est casser le seul argument de l’entre 2 tours : Le Pen = Mélenchon. Très mauvaise stratégie, stérile quand on voit les scores atteints par des candidats inconnus, qui dament le pion , au 1er tour, à des députés LaRem sortants. Cela dit une seule chose : l’élan pour la Nupes est réel, même dans un océan d’abstention. Il est tellement là que 4 députés  Nupes sont élus au 1er tour, à la surprise générale (Corbieres, Chikirou, Legrain, Obono) et un grand nombre d’autres frisent cette élection de 1er tour.

Depuis dimanche donc, les compteurs s’affolent, au point de ratiboiser fort opportunément le résultat final. On va se coucher avec la Nupes en tête et on se réveille avec Ensemble! vainqueur  avec 21.000 voix de plus. Entre les deux, des étiquettes oubliées, notamment dans en Outre-Mer. Merveilleux.

Commence ensuite le  ballet médiatique, à grand renfort d’éléments de langage fournis gratuitement par l’Élysée.

1/ En fait, Mélenchon a perdu, car si on additionne les scores présidentiels et le score législatif, il manque des voix. En oubliant bien sûr de préciser que la Nupes a affronté des dissidents qui pèsent au total 6,5%. Si on les ajoute au  score de dimanche, on arrive au score global présidentiel. Mais qu’importe, il faut démontrer, sans être contrarié puisque de toute façon, 95% des gens autour de la table sont d’accord pour dire à quel point Mélenchon a perdu, à quel point il ne sera pas Premier ministre, à quel point il était triste dimanche et à quel point finalement Macron s’en tire bien car à quel point le programme de la Nupes plongerait la France dans des abysses tels que le FMI serait dans l’obligation d’intervenir parce que 600% d’inflation … au moins .

2/ Le grotesque le dispute au  grotesque. Prenons Jean Michel Blanquer, chouchou éternel des médias (avec Valls). Le revoilà, battu dès le 1er tour mais qui attaque  comme un forcené. Il a été piégé par des extrémistes de gauche, déposé un recours et met en garde contre le cataclysme intersidéral que représenterait l’entrée massive de l’extrême gauche au parlement. En fermant les yeux, il y a un peu de Trump dans ses propos, néanmoins un peu moins délirants  que ceux d’Amélie de Montchalin qui accuse la Nupes d’anarchisme et d’antisémitisme. Délirant quand on sait que son adversaire, Jérôme Guedj est l’ancien président du Conseil général de l’Essonne, qu’il est juif séfarade et à crée le comité Ilan Halimi. 

On pourrait multiplier les exemples de paroles grotesques ou crasseuses à l’égard de la gauche qui indiquent une  seule vérité : Macron ne trouve pas la parade à cet élan. Il compte à l’évidence sur ses acquis, et l’invisibilité de la campagne, qu’il nourrit avec ses déplacements en Roumanie et à Kiev . Façon de dire qu’il est ailleurs, que, Dimanche, il ne s’agit que d’une simple formalité et que Lundi prochain, il fera jour .

L’insoutenable légèreté de l’être … 

Dimanche, les électeurs pourraient lui indiquer crûment la direction du retour sur terre. Brutal. 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Assez grotesque les commentaires sur la tristesse de Melenchon, la palme a un journaliste de france info qui parle de la « tristesse radicale » de Melenchon. La bêtise radicale de ce journaliste !!!
    Il n’ai venu à l’idée d’aucun journaliste en regardant Faure et Mélenchon que tous deux étaient heureux mais surtout ivres de fatigue.

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