Allocution télévisée du président de la République, le 24 novembre 2020 - Capture TV Nos Lendemains.
Allocution télévisée du président de la République, le 24 novembre 2020 - Capture TV Nos Lendemains.

Ils le disent (presque) tous. En substance : Macron a raté le déconfinement, Macron a raté le traçage/dépistage, si Macron rate le vaccin, ça sentira le roussi pour sa réélection… en imaginant qu’il ait la possibilité et l’intention de rempiler. Ah bon ? Ça ne sent pas DÉJÀ le roussi ? Depuis le début de son mandat, plane comme une sorte d’indulgence béate et absolue vis-à-vis du chef de l’État, affublé dès 2017 du surnom de Jupiter par tous les observateurs métamorphosés en thuriféraires zélés. Ce avant même que le même-pas-quadra ait posé ses valises à l’Élysée pour assumer son premier mandat électoral… sans être passé par la case élu local.  Vive le nouveau monde.

Depuis, l’extase générale a été un peu refroidie. Mais quand même. Le président de la République, ex-maître des horloges, bénéficie toujours de la bienveillance des médias et de la presse audibles. Ceci contribue sans doute d’ailleurs à creuser un fossé avec des citoyens de plus en plus méfiants, et qui vont chercher l’info ailleurs, puisque c’est comme ça, quitte à se faire cueillir par quelque vendeur d’intox.

Car ce qui crève les yeux, sans vilain jeu de mots, c’est que depuis qu’il a pris les rênes du pays jusqu’à aujourd’hui, Emmanuel Macron n’a pas brillé : ni dans l’exercice du pouvoir, ni dans la gestion des crises. L’erreur de fond : le refus d’intégrer qu’il n’avait pas été élu pour son programme mais par défaut. Légitime, oui, représentatif, non. Ou plus exactement pour 18,19 % des citoyens inscrits sur les listes au moment de son accession à l’Élysée. C’est plus que les autres candidats, mais c’est peu.

On rappellera par ailleurs vite fait et notamment les séismes générés par les démissions de Hulot puis Collomb ; l’affaire Benalla (conseiller sécurité du Président qui a fait la loi au Palais tout en étant en cheville avec un oligarque russe proche de Poutine) ; le mouvement des Gilets Jaunes (on en retiendra les images de l’arc de Triomphe éventré et du président au ski avec Madame pendant que Paris brûlait). Le parti qu’il a créé pour gagner, et qui porte ses initiales, s’est rendu totalement inexistant pendant tout ce temps. Les députés du « En Même Temps » se sont souvent retrouvés au milieu de nulle part.

On n’est vraiment sorti de cette joyeuse ambiance que grâce au coronavirus. Macron n’a pas davantage anticipé l’épidémie que la colère fluo. Alors que Merkel, elle, a vu venir le coronavirus de loin. D’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme le chef de l’État, la France n’a pas été « frappée de plein fouet » par le SRAS-CoV-2 : il a attaqué l’Italie avant, et Berlin l’attendait de pied ferme pendant que Paris avait le nez dans la « vie de garçon » passionnante de Benjamin Griveaux, ex-brillant porte-parole du gouvernement et candidat préféré par le Président pour la capitale.

À chaque manque de vista, Macron n’a dû son salut qu’à son Premier ministre. Édouard Philippe a sauvé la baraque plus d’une fois. Au moins, le Président a su le choisir. Pourtant, côté casting non plus on ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron soit un champion. Ou alors il le cache bien, avec des intentions qui nous échappent. Poke Nathalie Loiseau et tous les autres. Le hic, c’est que le boss a commencé à prendre ombrage des qualités de son Premier ministre quand celui-ci, loin de lui servir (malgré sa grande taille) de paratonnerre contre les foudres du peuple, a commencé à marquer des points avant de passer loin devant. Ça ne pouvait pas durer.

Aujourd’hui, Édouard Philippe « affronte la tempête économique au Havre ».  Fan des séries « The West Wing » et « Game of Thrones », l’ex-PM a également confié au Point qu’il en préparait une basée sur son expérience politique. Pendant ce temps, son successeur, Jean Castex, prend les coups pour Macron dont la popularité rebondit. C’était le but, il a le profil et la tête pour. La France, blackboulée entre crise sanitaire et sécurité globale, livre au monde des images de honte alors qu’apparaît au grand jour la faiblesse politique du président de la République, désormais flanqué de 50.000 morts au compteur épidémique. Il en a donné froidement le détail, hier, sans un mot de compassion pour les victimes de maladies, tout en déclinant un calendrier qui a le mérite d’en être un. Bravo.

Au moment où le contexte sanitaire intime à chacun, même sceptique, de tout oublier et de se mettre en mode unité nationale derrière le Président, une question majeure se pose. Celle de savoir si ce qui se passe en France sur le front sécuritaire est inquiétant, entre une loi jugée liberticide et des scènes de Ninjas tapant sur leurs boucliers comme à la guerre ou d’ouailles catholiques exubérantes agenouillées dans les rues. S’interroger, c’est commencer à répondre.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Lamiaud Alexandre

    Super article ! Simple, claire, modéré (et pourtant pas tendre avec le Bellâtre de l’Agennois) ‼️❤️

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