Éric Zemmour sur CNews - Capture vidéo.
Éric Zemmour sur CNews - Capture vidéo.

Si nous avions du temps à perdre, nous pourrions nous mettre à compter le nombre de fois où le mot « Islam » et toutes ses nuances sont prononcés en 24h, sur les plateaux télés, dans les émissions de radio, écrits dans les journaux, sans parler des réseaux sociaux : c’est tout simplement ahurissant et vertigineux ! Et si l’on s’amuse à compter le nombre de fois où des musulmans, concernés au premier chef, participent à ce grand débat obsessionnel, c’est tout aussi vertigineux mais dans l’autre sens !
Ce matin, je me mets à la place des Français de confession musulmane, qui ingurgitent chaque jour depuis des mois, avec une accélération et une densification depuis quelques semaines, ces propos acerbes, souvent féroces, sans nuance, ces propos qui commencent toujours par la même phrase « Il s’agit d’une minorité bien sûr » et se terminent invariablement par « les territoires perdus de la République ». Un véritable psittacisme convulsif, en bandes organisées !

Si je me mets une seconde à leur place, j’ai franchement honte ! Comment en est-on arrivé à cette indigence, cette névrose obsessionnelle dans le débat public qui ne semble plus tourner qu’autour de 2 thèmes : l’islam et la sécurité ? Ah pardon ! J’oubliais le petit dernier : l’immigration ! Comment a-t-on pu glisser ainsi et se vautrer dans cette gadoue depuis des mois ?
Je ne crois pas être une affreuse idéaliste, adepte du « peace and love » et niant la réalité d’une offensive cynique, méthodique, sectaire et violente de l’islam radical et les ravages du communautarisme dans certaines banlieues. 

Je ne crois pas non plus être laxiste lorsque je m’insurge contre le terme « ensauvagement » et le terme « séparatisme » qui désignait déjà, sous le Général de Gaulle, les partisans d’Aimé Césaire, la grande âme des Antilles et de Franz Fanon, ces « séparatistes » que le Général voulait mettre au pas. Je dis simplement que les mots ont un sens et qu’ils véhiculent une intention profonde, qu’elle soit malveillante ou bienveillante. En l’occurrence, le séparatisme à l’œuvre n’est pas celui que l’on croit. Passer ses journées à taper sur « les musulmans », sur la jeunesse violente, nous faire croire que la France serait livrée à des hordes de sauvages prêts à imposer la charia, nous expliquer que tout cela est fait, au contraire, dans l’intérêt des musulmans eux-mêmes qui ne demanderaient qu’à être protégés de la dite horde, voilà ce qui sépare, divise et nous tue à petit feu.
Oui, l’islam radical tue mais non, toutes les banlieues, toutes les cages d’escaliers ne sont pas des fabriques à des « frères Kouachi ». 

Oui, c’est intolérable, inacceptable que Charlie travaille dans un bunker et que Zineb El Rhazoui ou Philippe Val soient obligés de se déplacer avec des officiers de sécurité. Mais non, on ne parle pas là des « musulmans » dans un terme global mais de terroristes, doublés de grand banditisme.

Oui, partout où l’islam politique a pris le pouvoir, les droits humains, notamment les droits des femmes, ont régressé. Mais non, contrairement à ce qu’affirment Éric Zemmour et ses thuriféraires, il n’est pas aux portes du pouvoir en France. 

Imaginez un seul instant que vous vous appelez Nadia ou Ali. Que vous bossez en France, que vous êtes un citoyen français à part entière, que vous payez vos impôts et que toute la journée, vous lisez, entendez, regardez des tas de gens taper en cadence et en meute sur ce qui fait aussi votre identité multiple, votre culture, votre histoire. Que ressentiriez-vous ? Mettons-nous une minute à la place d’un musulman, d’un noir qui découvre, dans un hebdo, une députée de la République, croquée en esclave et 100 personnes qui défendent ce dessin ! Vous ne le supporteriez pas une seconde ! Pas plus que vous ne supporteriez qu’on vous qualifie de catholique au prétexte que vous êtes baptisé alors que cela fait belle lurette que vous n’avez pas passé le seuil d’une église et récité le Notre Père ! Combien de musulmans vont à la mosquée et pratiquent ? Une minorité. Et dans cette minorité, qui a l’intention de prendre les armes et de tuer ? Et dans cette infime minorité de la minorité, qui passe à l’acte ?

 Il n’y a pas de Français musulmans, juifs, chrétiens ou bouddhistes. Il n’y a que des Français ! Point ! On nous casse les pieds depuis des lunes avec le politiquement correct et toutes ces choses que l’on ne pourrait plus dire. Et bien, le politiquement correct désormais, c’est cela : une armada qui saute sur sa chaise en psalmodiant « Islam ! Islam ! Islam » et ce papier devient de fait transgressif ! C’est un comble, non ?!

Rappeler que le racisme est un délit devient désormais transgressif. Être condamné pour provocation à la haine raciale n’est plus un problème, vous ouvre tout de même les portes de la télé et finira peut-être même par devenir une sorte de médaille de « ceux-qui-ont-ouvert-les yeux ». Une véritable inversion des valeurs, à tel point qu’Antonio Gramsci, l’immense penseur de la gauche italienne, mort dans les prisons de Mussolini, doit se retourner dans sa tombe quand il est brandi par la droite extrême qui revendique déjà la victoire dans son concept de « bataille culturelle ».

Une bataille qui n’est pas perdue pour peu que nous cessions de faire preuve de relativisme et de lâcheté dans ce choc frontal entre deux visions du monde.

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